Celui qui ne sait pas d’où il vient, ne sait pas où il va
Or, savoir d’où on vient, se rappeler l’histoire, suffit-il pour améliorer le présent et l’avenir ?
Il y a quatre jours seulement, le 22 avril 2009, environ 200 Rroms originaires de Roumanie ont été expulsés manu militari du terrain qu’ils occupaient à proximité immédiate de cette gare, devenue à juste titre un lieu de mémoire. Aucun ménagement pour Mme. E.C, enceinte, bousculée par les forces de l’ordre et le personnel de la fourrière Jean Jaurès venu enlever sa caravane. Ayant mentionné son état, elle a reçu comme réponse de l’employé de la fourrière : « je m’en fous, tu n’es pas enceinte de moi ». Aucun ménagement non plus pour Mme. E.B, sous dialyse, dont la caravane a aussi été enlevée. Tout ceci pour faire « propre » pour cette commémoration.
Avons-nous oublié les différents sens de l’adjectif « propre » ? Si oui, ce n’est pas bon pour l’exercice de mémoire auquel nous nous livrons aujourd’hui.
Avons-nous oublié qu’à Auschwitz, les Juifs déportés d’ici parce que nés Juifs, ont rencontré des Rroms, parce que nés Rroms ? Si oui, cet exercice de mémoire perd une bonne partie de sa finalité.
N’OUBLIONS JAMAIS ! La déshumanisation d’humains mène droit au mur !
La voix des Rroms - Centre Aver contre le racisme – Centre culturel gitan - Rromani Baxt - Ternikano Berno – Réseau solidarités roms