Depuis deux-trois jours, les médias italiens cherchent à redorer le blason de l'Italie, des Italiens et des médias italiens. En effet, la publication de photos montrant les corps sans vie de deux fillettes rroms noyées dans une plage de Napoli et au fond de la photo, des vacanciers qui bronzaient dans l'indifférence, a donné lieu à des articles assez critiques de la presse, notamment anglaise et française. Le cardinal de Naples aussi, s'est dit très indigné de cette indifférence.
Puis, on se rend compte qu'en fait, c'est la focale de la photo qui crée l'impression de la proximité des plagistes indifférents avec les corps. Les vacanciers se trouvaient en effet bien plus loin que cela ne paraissait sur la photo. Une vidéo est aussi publiée, montrant des gens attroupés autour des deux corps, et les secouristes.
Et on critique, évidemment, l'image négative que ces interprétations des photos voudraient donner des Italiens.
Soit. Nous sommes d'accord qu'il faut rétablir la vérité !
Mais que n'a-t-on pas fait la même chose lorsque nous avons communiqué à toute une série de médias italiens le fait que Nicolae Romulus Mailat, accusé du meurtre de Giovanna Reggiani, n'est pas Rrom, mais Roumain ?
Que n'a-t-on pas fait la même chose lorsque s'est posée la question de l'examen de l'ADN trouvé sous les ongles de la victime, qui aurait établi avec certitude la responsabilité ou l'innocence de Mailat concernant le meurtre de Reggiani ? Pourquoi ne dit-on rien sur ces examens ?
Que n'a-t-on pas fait la même chose, c'est-à-dire rétablir la vérité, lorsqu'on a dit que la jeune fille accusée de tentative d'enlèvement d'enfant à Ponticelli, n'était pas Rrom, comme les médias l'ont martelé pendant des semaines entières, mais Serbe ?
Que n'a-t-on pas dit que cette fille serbe était en fait baby-sitter dans l'immeuble ?
Voilà quelques vérités que les médias italiens n'ont jamais voulu rétablir, préférant se maintenir dans le mensonge raciste. Voilà quelques vérités qui ont été étouffées parce que révélées, elles auraient pu freiner un tant soit peu l'hystérie antitsigane qui ne cesse de croitre et de s'institutionnaliser en Italie. Voilà pourquoi on peut affirmer que les médias italiens sont parfaitement responsables de la haine raciale qui pousse en Italie contre les Rroms, telles les métastases d'un cancer dont est touchée aujourd'hui l'Italie.
Certes, et fort heureusement, les Italiens ne sont pas tous touchés par ce fléau. Le courage de ceux qui y résistent encore, comme ces plagistes autour des corps des deux fillettes, est d'autant plus à saluer que, depuis un an maintenant ils sont sous l'effet d'une campagne médiatico-politique profondément raciste. Les nombreux signataires italiens de notre pétition contre le fichage ethnique est une autre preuve de cette résistance des esprits face à un politique d'inspiration fasciste dont les médias se font trop souvent complices.
Nombre de ces signataires font part de leur « honte d'être Italiens ». Il ne faut pas, frères humains ! Vous êtes aussi les descendants de Michel-Ange, de Dante, des résistants qui ont fusillé Mussolini... Soyez-en fiers ! Ne permettez pas la déshumanisation des Rroms, programmée par vos dirigeants !