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Justice pour Joseph Guerdner

Si vous êtes un habitué de notre blog, vous vous demandez peut-être comment se fait-il que nous n'ayons pas dit un mot sur ce qui s'est passé à Draguignan. C'est que nous avons préféré attendre pour traiter le sujet avec la sérénité nécessaire.

Les faits :

Joseph Guerdner était un jeune homme de 27 ans, marié, trois enfants et vivait à Brignoles. Faisant l'objet d'un contrôle judiciaire, il s'était rendu à la gendarmerie pour un pointage. Les gendarmes profitent de cette venue pour le mettre en garde à vue, car ils le soupçonnent d'avoir participé à un vol avec séquestration. On ne saura jamais si Joseph Guerdner avait été effectivement impliqué dans ce vol. En effet, le soir du vendredi 23 mai, alors qu'il est gardé à vue, il est autorisé à fumer une cigarette dans le couloir. Là, profitant d'une coupure de courant, il saute par la fenêtre, menotté, et tente de fuir. Un gendarme, dont le nom n'est mentionné nulle part, lui tire dessus à sept reprises. Joseph réussit à escalader un grillage, à entrer dans la cour d'une école à proximité et à grimper sur un arbre. Nous ne savons pas à quel moment les coups de feu ont été partis.

La ministre de l'intérieur, Michelle Alliot-Marie, suspend le gendarme de ses fonctions et ordonne une enquête administrative. Les proches de Joseph Guerdner ont manifesté leur colère devant la gendarmerie, où trois véhicules ont été incendiés.

Le gendarme est aussi arrêté et placé en garde à vue pour homicide volontaire. Lors de son placement en garde à vue, le procureur de la République a justifié cette mesure par Des syndicats de police et de gendarmes ont exprimé leur soutien au gendarme. Les collègues du gendarme ont préparé une manifestation pour le soutenir. Cette manifestation n'a pas lieu, sur les conseils de leur hiérarchie et du père du gendarme mis en cause, lui aussi gendarme à la retraite. Les juges d'instruction requalifient les faits en « coups ayant entrainé la mort sans l'intention de la donner ».

Un gendarme a-t-il le droit de tirer sur un fugitif ?

L'utilisation par les gendarmes de leurs armes à feu est régie par une loi du début du 20e siècle, qui leur permet d'ouvrir le feu après sommation, même si leur vie ou celle d'un tiers n'est pas en danger. Cependant, la jurisprudence a considéré que les circonstances dans lesquelles un gendarme peut tirer doivent présenter les caractéristiques de la légitime défense.

Citations et commentaires

Michèle Alliot-Marie : "La mort d'un homme est toujours un drame, qu'elles qu'en soient les circonstances" . MAM a présenté ses condoléances à la famille de la victime et a demandé une enquête interne à la gendarmerie.

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Parlant de cela, Christian Estrosi dit: "Quand on est un représentant de l'Etat, on doit toujours, avant d'agir ou de parler, être vigilant et veiller à ne pas heurter les acteurs de la sécurité publique ». "Ce qui se passe m'inquiète. Je ne voudrais pas qu'on donne le sentiment de jeter l'anathème sur la gendarmerie nationale". – est-ce que la gendarmerie nationale est un seul gendarme, et si oui, est-ce précisément celui qui tire sur le dos d'une personne, soit-elle fugitive d'une garde à vue ? Dans ce cas là, il y a de quoi s'inquiéter, M. Estrosi !

Le Figaro : « Des expertises balistiques et une reconstitution du drame doivent être effectuées. Des examens radiologiques préciseront si la mort de José Guerdner, père de trois enfants, et qui, selon Lionel Escoffier, était déterminé à se soustraire à la garde à vue dont il faisait l'objet, pourrait également avoir été entrainée par son saut de 4,60 mètres d'une fenêtre de la gendarmerie. » - Ils pourraient aussi chercher le taux de cholestérol, tant qu'ils y sont, si ça se trouve il est mort de ça, et les trois balles qui l'ont atteint n'y sont pour rien. Jusqu'ou peut aller le cynisme quand il s'agit de « gens du voyage » ?

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L'avocat du gendarme, Me Lionel Escoffier : "Il faut savoir qu'à 25 mètres d'où il a sauté se trouvaient des enfants qu'un militaire a fait rentrer. Il faut savoir aussi que dans la zone mitoyenne à la gendarmerie se situe une institution religieuse où il y avait des enfants en internat".

"A ce moment-là, l'intime conviction du gendarme était qu'il y avait absolue nécessité de faire usage de son arme pour stopper l'évadé en tirant dans la nuit vers les membres inférieurs". Oui, sauf que cela s'est passé très tard dans la soirée, à une heure où les enfants dorment et ne sont pas en train de jouer dehors. Puis, l'autopsie a relevé que la balle était entrée au dos de la victime (donc pas aux jambes).

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Enfin, nous ne citerons pas des commentaires d'internautes, mais vous invitons vivement à les lire sous les articles de presse sur internet. Une écrasante majorité de ces commentaires et d'un antitsiganisme pathologique. Est-ce les modérateurs qui font ce choix, en passant à la trappe les commentaires qui ne sont pas racistes ? Peut-être bien, mais ce n'est pas plus rassurant.

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Tensions réelles et imaginaires

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Depuis le début de cette affaire, des gendarmes mobiles ont été appelés en renfort dans la région, par crainte d'échauffourées. Certes, il y en a eu un tout petit peu, le soir qui a suivi le drame. Ceci étant dit, on exagère trop. Ainsi, Le Parisien du 28 mai 2008 titrait « Tensions et émotion chez les gens du voyage », mais à la lecture de l'article, qui comprend de nombreuses citations de la famille de la victime, on ne voit aucun signe de tension.

« Le Post », titre lui « Gitan mort à Draguignan : on se battra jusqu'à la mort », un article où il est question UNIQUEMENT d'un combat en justice.

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Perspectives

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Hier soir, le gendarme a été remis en liberté sous contrôle judiciaire et a été évacué par hélicoptère pour des raisons de sécurité.

Aujourd'hui, la famille, les proches et les amis ont accompagné Joseph Guerdner à sa dernière demeure. Suite aux funérailles, ils ont fait une marche silencieuse à Brignoles et à Draguignan. On pouvait lire sur une banderole : « Que justice soit faite ». Aucune violence n'a été commise. Les « gens du voyage » par la grâce de la République française savent se montrer dignes même dans des circonstances où il est très difficile de le rester. Ils gardent encore l'espoir en la justice, même si cet espoir est maigre, comme le disaient certains membres de la famille de Joseph aujourd'hui.

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Espérons seulement que la dignité et le calme de ces gens ne sera pas pris pour manque de courage.


Enfin, nous vous invitons à voir cette vidéo qui reprend les nouvelles des chaines télé sur cette affaire et qui donne quelques explications.

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