Voici l'argument avancé pour soutenir la collecte de données raciales et éthniques, instituée par la nouvelle loi sur l'immigration actuellement en voie d'adoption: il faut qu'on mesure combien d'étrangers de telle ou telle éthnie viennent en France. Mais de qui se fout-on? Est-ce que le racisme et la discrimination frappent UNIQUEMENT des immigrés? Quid des Français noirs, arabes, brettons, occitans, corses, rroms, gitanes, et j'en passe et des meilleurs?
A supposer même que ce soit réellement le but poursuivi, en quoi les grandeurs numériques sont pertinentes? Pour dire, lorsque des skinheads passeront à l'attaque (ce n'est pas exclu, dans un avenir proche), que voilà, s'ils ont tué un Peul, ce n'est pas grave parce que la France a accueilli depuis telle date tant de Peuls, et qu'un de moins un de plus, ce n'est pas grave? Pour dire que si tant de Kabyles ne trouvent pas d'emploi, ce n'est pas grave parce que tant d'autres en ont trouvé?
Un proverbe rrom dit: "il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir". Un jour peut-être se révéillera-t-on, pour constater que ce n'était pas juste un mauvais rêve... il sera trop tard.
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