• Perpignan un an après, ou bien Sarkozy un an avant?

    M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, s'est rendu à Perpignan un an après qu'un conflit ait opposé les Maghrébins aux Gitans de cette ville. Pour ceux qui ne se rappellent pas, nous précisons que le conflit était parti d'un fait divers, d'un meurtre très regrettable et lâche, mais qui au bout du compte n'aurait pas eu les conséquences qu'il a eu sans les médias et surtout, sans l'instrumentalisation, au moins aussi lâche que le meurtre lui-même, par certains politiques. On a tout de suite parlé des "communautés" en guerre et on a martelé ce message des semaines durant, étouffant la voix de ceux, Gitans, Maghrébins et autres, qui cherchaient, avec un mal fou dans ce bruit politico-médiatique, à calmer les esprits. Il a fallu attendre des semaines pour voir à la télé des Gitans et des Maghrébins disant "nous sommes frères, nous avons grandi ensemble, nous partageons les mêmes problèmes" etc. Le bon sens a quand même eu raison. Deux ans après, cependant, les "communautés" sont toujours dans les bouches, mais pas de la même manière. Regardez ici le reportage de France 3 Sud et comparez le mot "communauté" dans la bouche de M. Sarkozy et dans la bouche de M. Bourasse, que nous saluons pour son sens de citoyenneté! Evidemment, M. Bourasse parle de Perpignan un an après les confrontations, alors que M. Sarkozy parle de M. Sarkozy un an avant... l'élection présidentielle!

    Les problèmes sociaux, tels que le chômage, la pauvreté, l'habitat etc. n'ont rien d'ethnique, ni rien de "communautaire", pas plus que religieux. Alors, la prochaine fois, suivez la suggestion de M. Bourasse, de l'Observatoire citoyen, et au lieu des escadrons de CRS ou du ministre de l'intérieur, envoyez des travailleurs sociaux, des enseignants etc. Et nous ajoutons, au cas où de tels malheurs se reproduisent, à Perpignan ou ailleurs, M. Sarkozy, ne courez pas après les pasteurs des Gitans ou après les imams des Maghrébins pour qu'ils interviennent. Ce n'est pas le choc des civilisations ou la guerre des religions, ce n'est pasw les pasteurs et les imams qui se confrontent, ni les Gitans et les Maghrébins. Ce sont tout simplement des personnes sans repères et sans perspectives. Offrez-leur les possibilités de jouir des droits minima dans un Etat de droit, démocratique et relativement prospère, et les choses iront beaucoup mieux. Ce n'est ni dans la bible, ni dans le coran que ces personnes ont lu qu'ils devaient s'entretuer.


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