• Bonjour à tous,

     

    Nous avons lancé la rubrique "Média" il y a quelque temps pour parler de la façon dont les journalistes traitent la question rrom, mais aussi d'autres questions qui touchent à notre peuple, de près ou de loin. Nous avons toujours essayé de maintenir un certain équilibre dans cette rubrique, en félicitant d'un côté le bon travail des journalistes et en critiquant, de l'autre, les messages racistes, insultants, dégradants ou humiliants que certains médias diffusent parfois.

    Dernièrement, nous avons appris que l'émission "Là-bas si j'y suis", animée par l'excellent journaliste Daniel Mermet sur France Inter, serait reléguée à une heure qui réduira de 50% l'audimat. Connaissant l'émission, nous avons toute raison de croire qu'il s'agit de "réduire les dégâts possibles" pour certains politiciens. En effet, par son courage, s'exprimant dans un respect parfait des règles de démocratie et de déontologie, Daniel Mermet peut faire des dégâts à certains politiciens. Mais n'est-ce pas là le fondement même de la démocratie? Surtout dans un contexte comme celui que nous connaissons, marqué par une main-mise de plus en plus dangereuse des politiques sur les médias. Il faut aujourd'hui soutenir la liberté de la presse dans ce qu'elle a de plus sain, c'est à dire dans un équilibre dans l'expression d'opinions divergentes. Nous ne citerons pas beaucoup de noms, juste deux: Yves Calvi et Daniel Mermet. En deux mots, voici ce qu'on peut dire sur ces deux journalistes qui ne se ressemblent pas:

    - Yves Calvi cherche à booster l'audience de France 5 (et depuis peu, de France 2) en faisant des émissions du type "Délinquance: ra route des Roms" ou "J'ai 2 femmes et 10 enfants", où on ne voit pas sur le plateau les premiers intéressés (en l'occurrence les Rroms et les immigrés). Seuls y sont conviés les "spécialistes" de la peur et de la haine, qui tiennent des propos racistes sans que personne ne puisse les contredire

    - Daniel Mermet, lui, utilise aussi la liberté qui lui est reconnue par la loi, mais dans un sens autrement citoyen: Il alerte la justice lui-même lorsque le docteur Münch tient des propos antisémites et tsiganophobes devant le micro. Il fait aussi des "procès" de responsables politiques où prennent la parole tous les concernés à titre de témoin, et où l'auditeur a la possibilité de juger les actions du gouvernement en tant que citoyen, des émissions qui sont un mélange fin, subtile et agréable de la politique et de l'humour.

     

    Alors, nous lançons un appel à tous ceux pour qui le mot "citoyenneté" a encore un sens, à signer la pétition en soutien de l'émission "Là-bas si j'y suis". Nous avons besoin de vrais médias, libres, ouvertes et démocratiques! Consultez et signez la pétition ici


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  •  On n'en a pas fini avec les journalistes! Il y en a des bons, c'est sûr, mais ... il y en a d'autres aussi, que nous ne qualifierons pas. vous savez sans doute que le journal "Libération" est en une situation de crise. Voilà comment il veut en sortir: en faisant la pub de torchons que leurs auteurs appellent "livres", et qui parlent des "Tsiganes mangeurs de chiens"; Voici un article sur ce lien. Et en bas, notre lettre à l'auteur de l'article

    Monsieur,

    Je voudrais vous dire, en reprenant des termes de votre article, que dans "l'échelle de répulsion" on peut tout à fait voir ce que l'expression "mangeurs de chien" charrie. En revanche, ce qui pourrait être quelque peu imperceptible pour le lecteur, c'est la répulsion que suscite le message colporté par votre article. Il peut bien s'agir d'une tentative de sauver votre journal, que les Français savent en difficulté mais si on appliquait l'adage "la fin justifie le moyens" nous serions prêts à répéter les périodes les plus sombres de l'histoire du 20e siècle.

    Aussi, nous nous interrogeons sur les motifs qui vous poussent vous et votre journal à faire la promotion de tels préjugés sur les Rroms, préjugés qui n'ont jamais été prouvés, ni il y a 50 ans, comme vous le suggérez, ni, encore moins aujourd'hui, alors que:

    a) la consomation de viande canine est toujours une pratique courante parmi d'autres populations, y compris en France. N'auriez vous pas le courage d'écrire sur ce fait à propos des Chinois ou des Koréens et? Alors pourquoi cette témérité à propos des Rroms? Sans doute pensez vous, à l'unisson avec M. Gauss, qu'ils sont une cible facile.

    b) N'avez-vous, et votre journal des actualités sur les Rroms plus intéressantes et surtout plus réalistes pour chercher dans ce qu'il y a de plus primitif dans l'esprit de paysans slovaques et en faire, un livre pour votre ami Gauss, et un article de promotion pour vous -même? Nous vous rappelons, par exemple, que vos collègues du journal avaient refusé, il y a un an, de faire l'écho de la protestation des association rroms à l'encontre de l'émission "Délinquance: la route des Roms", animée par M. Yves Calvi sur France 5. Aussi, et plus généralement, nos nombreux communiqués n'ont pas trouvé d'écho de la part de votre journal. Nous sommes donc tentés de penser que ce qui vous intéresse ce ne sont pas des informations sérieuses sur notre peuple, mais le scoop digne d'un tabloïd. Quelle déception que de constater que le risque identifié par certains que Libération devienne un tabloïd commence déjà à se réaliser! Espérons seulement que la tendance soit réversible. Et si elle prend une meilleure direction, vous pouvez toujours nous joindre pour savoir plus sur notre culture, au-delà des stéréotypes et des préjugés faciles. En attendant, vous pouvez d'ores et déjà en avoir un apperçu sur http://lesrroms.blogg.org


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  • Radio France international a consacré son émission "Repères" du vendredi dernier à la question de l'accès des Rroms à leurs droits. C'est drôle comment le changement de place du possessif "leur" change déjà l'idée... Oui, ce sont nos droits, au même titre que ce sont les droits de tout le monde, ce que des décideurs ont parfois tendance à oublier.

    Bon travail des jouralistes du RFI. C'est vrai qu'on peut mieux faire la prochaine fois, mais c'est un bon début déjà. Mieux faire? Eh bien, vous pouvez écouter l'émission en cliquant ici pour vous faire une idée. Ensuite, nos commentaires, les voici:

    • le "nomadisme" a été un peu trop présent dans l'émission, par rapport à ce qu'il représente numériquement et aussi du point de vue de sa perception par ceux de nos frères qui voyagent. Ce n'est pas tant le mouvement qui est en question, mais plutôt la liberté de pouvoir prendre la route, une liberté qui est devenue de plus en plus une contrainte au cours des siècles, mais plus spécialement au cours des dernières années; ce sont la police et la gendarmerie qui met les familles sur les routes plus souvent qu'elles ne partent d'elles-mêmes.
    • la critique de la démarche misérabiliste est certes au coeur de l'action de nombreuses associations rroms, et à juste titre. L'émission étant centrée sur le rapport du M. Robles, ancien Commissaire aux droits de l'homme auprès du Conseil de l'Europe, notre critique de la démarche misérabiliste, à écouter l'émission, semble tournée vers le Conseil de l'Europe. Nous ne stigmatisons aucune des organisations européennes en particulier, ni le Conseil de l'Europe, ni l'Union européenne ou autre, et c'est bien là le problème: en effet, ce type de démarche est, hélas, trop répandu et touche une majorité inquiétante des intervenants, internationaux, gouvernementaux ou associatifs.
    •  enfin, une explication s'impose en ce qui concerne l'explication du mot "Rrom" par notre ami de Belgrade, Zika: le mot "Rrom" ne signifie pas "être humain", comme il le dit dans son interview, mais "homme marié" ou "homme appartenant à notre peuple". "Etre humain" en rromani se dit "manus", et pris dans ce contexte, le mot "manus" peut désigner à la fois un Rrom ou un non-Rrom. En revanche, dans son sens restreint, il désigne les Sinté. Aussi, espérons nous que l'orthographe du mot "Rrom" sera corrigé bientôt sur le site du RFI et d'autres sites internet. Les deux "r" au début ne sont pas une erreur, comme l'on croit parfois; c'est bien l'orthographe du mot.

     

     


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  • Bonjour,

    Dans la rubrique média, nous avons beaucoup parlé de l'émission C dans l'air "Délinquance: la route des Roms". Cette émission était franchement raciste, mais elle n'est pas la seule, et les Rroms ne sont pas les seules cibles de Calvi et de ses invités privilégiés. Il est fort notre Calvi, il n'a peur de rien, il ne recule devant rien. Sans doute a-t-il des amis pouvant lui assurer une carrière dans un autre domaine, du type "conseiller en sécurité", puisque, après avoir été mis en garde par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel au sujet de l'émission (voir les archives pour le lien), il remet ça à propos des immigrants africains. Eux, ils n'ont pas pris la route des Roms, donc celle de la délinquance mais ils n'en sont pas moins dangeureux. "J'ai 2 femmes et 10 enfants", voilà le titre de C dans l'air qui leur est consacré. Vous pouvez voir ici une lettre ouverte adressée à Jérôme Clément et à Yves Calvi au sujet de cette émission.

     


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  • M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, s'est rendu à Perpignan un an après qu'un conflit ait opposé les Maghrébins aux Gitans de cette ville. Pour ceux qui ne se rappellent pas, nous précisons que le conflit était parti d'un fait divers, d'un meurtre très regrettable et lâche, mais qui au bout du compte n'aurait pas eu les conséquences qu'il a eu sans les médias et surtout, sans l'instrumentalisation, au moins aussi lâche que le meurtre lui-même, par certains politiques. On a tout de suite parlé des "communautés" en guerre et on a martelé ce message des semaines durant, étouffant la voix de ceux, Gitans, Maghrébins et autres, qui cherchaient, avec un mal fou dans ce bruit politico-médiatique, à calmer les esprits. Il a fallu attendre des semaines pour voir à la télé des Gitans et des Maghrébins disant "nous sommes frères, nous avons grandi ensemble, nous partageons les mêmes problèmes" etc. Le bon sens a quand même eu raison. Deux ans après, cependant, les "communautés" sont toujours dans les bouches, mais pas de la même manière. Regardez ici le reportage de France 3 Sud et comparez le mot "communauté" dans la bouche de M. Sarkozy et dans la bouche de M. Bourasse, que nous saluons pour son sens de citoyenneté! Evidemment, M. Bourasse parle de Perpignan un an après les confrontations, alors que M. Sarkozy parle de M. Sarkozy un an avant... l'élection présidentielle!

    Les problèmes sociaux, tels que le chômage, la pauvreté, l'habitat etc. n'ont rien d'ethnique, ni rien de "communautaire", pas plus que religieux. Alors, la prochaine fois, suivez la suggestion de M. Bourasse, de l'Observatoire citoyen, et au lieu des escadrons de CRS ou du ministre de l'intérieur, envoyez des travailleurs sociaux, des enseignants etc. Et nous ajoutons, au cas où de tels malheurs se reproduisent, à Perpignan ou ailleurs, M. Sarkozy, ne courez pas après les pasteurs des Gitans ou après les imams des Maghrébins pour qu'ils interviennent. Ce n'est pas le choc des civilisations ou la guerre des religions, ce n'est pasw les pasteurs et les imams qui se confrontent, ni les Gitans et les Maghrébins. Ce sont tout simplement des personnes sans repères et sans perspectives. Offrez-leur les possibilités de jouir des droits minima dans un Etat de droit, démocratique et relativement prospère, et les choses iront beaucoup mieux. Ce n'est ni dans la bible, ni dans le coran que ces personnes ont lu qu'ils devaient s'entretuer.


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