• Ce n'est pas pour le simple plaisir d'y croire, mais dans un pays comme la France, qui compte 60 millions d'habitants, parmi lesquels environ un demi million de Rroms (en incluant, bien sûr, nos cousins Mânouches et Gitanes), la présence de 6-7 mille Rroms en situation précaire, car précarisés, n'est pas le problème le plus compliqué à résorber.

    Le député-maire de Vénissieux semble avoir compris cela, comme d'autres élus d'ailleurs. La particularité réside en ce qu'il a exactement la même analyse que "La voix des Rroms". dans une lettre adressée au premier ministre, il écrit: "Il faut travailler à des projets individuels pour une installation durable ou saisonnière en France sans écarter l'hypothèse du retour des cas qui seraient réellement volontaires".

    On ne sait pas si notre travail de sensibilisation et de proposition y est pour quelque chose, mais qu'importe! A partir du moment où cette proposition rejoint celle que nous avançons depuis toujours, nous serions encore plus contents si nous n'y sommes pour rien. Cela montrerait que c'est tout simplement la logique qui veut qu'on voie ainsi la chose.




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  • A Saint-Denis, suite à l'enquête sociale menée par Pact Arim, l'association missionnée par la sous-préfecture, cette dernière a sélectionné 21 familles qui bénéficieront d'un projet d'insertion sociale et professionnelle. En clair, cela veut dire qu'elles seront installées dans des bungalows et seront suivies par des travailleurs sociaux dans leurs démarches, notamment pour accéder à un emploi.

    Sur place, il y a environ 150 familles. Lors de sa visite il y a environ deux semaines, le sous-préfet Dubaut avait promis que ceux qui souhaitaient s'installer durablement en France, qui scolarisaient leurs enfants et qui voulaient chercher un emploi, seraient intégrés dans ce projet en tant que bénéficiaires. Il avait aussi promis que l'obtention d'une autorisation de travail serait facilité, par le raccourcissement du délai d'examen de la demande des intéressés, qui actuellement est d'environ 3 mois et qui supprime purement et simplement dans les faits le droit des citoyens roumains d'occuper un emploi dans les 62 métiers qui leur sont ouverts depuis l'entrée de leurs pays dans l'UE.

    "La voix des Rroms" est allée à la rencontre de ces familles aujourd'hui. Beaucoup sont déçues et ne comprennent pas qu'elles n'aient pas été sélectionnées, alors que leurs enfants vont à l'école dans le département et que les parents cherchent, tant bien que mal, de travailler. Elles estiment que le sous-préfet n'a pas tenu sa promesse et réfléchissent sur la voie à suivre. Une aide au retour est disponible pour ceux qui le souhaitent auprès de l'ANAEM: 153 euros par adulte et 42 euros par enfant, mais ce n'est évidemment pas une solution. Le sous-préfet, lui, a indiqué à plusieurs reprises que cette aide est facultative, l'autre option étant de se voir notifier une obligation de quitter le territoire français lors de l'évacuation des lieux. Ce n'est évidemment pas un vrai choix.

    Ainsi donc, la promesse n'a été que très partiellement tenue, nombre de familles correspondant aux critères annoncés se retrouvant en dehors de ce projet d'insertion. Quant aux personnes sélectionnées, reste à savoir si leur accès à un emploi sera vraiment facilité, c'est-à-dire si la préfecture prendra les mesures nécessaires pour que les personnes qui ont trouvé un emploi, - avec ou sans l'aide des travailleurs sociaux, - puissent obtenir l'autorisation de travail avant que l'employeur potentiel embauche quelqu'un d'autre ou qu'il change d'avis (c'est que, dans le bâtiment ou dans la construction, on n'attend pas un travailleur 3 mois). 


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  • Il a fallu du temps pour connaître la version des parents dans l'affaire de l'incendie qui a coûté la vie à quatre enfants rroms en Italie. Arrêtés pour non assistance à personne en danger, ceux-là on déclaré avoir été victime d'une agression. Selon leur avocat, ils auraient entendu une voix criant en italien: "maudits Roumains, on vous mettra le feu", et auraient apperçu une personne avec une bouteille à la main. Les pompiers ont effectivement trouvé des morceaux d'une bouteille cassée sous l'effet de la chaleur. Les parents seraient sortis et auraient poursuivi les agresseurs, sans pouvoir les attraper, et quand ils se sont retournés, les flammes avaient déjà envahi la cabane, ce qui a rendu leur intervention impossible.

    Pour ceux qui lisent l'italien, CLIQUEZ ICI pour lire l'article de référence

    L'hypothèse d'une agression raciste est donc aussi envisagée, mais seulement cinq jours après les faits. Cinq jours pendant lesquels politiques de tous bords y sont allés! Et vas-y que je te mets ça sur le dos, toi le méchant qui ne t'occupe pas des malheureux tsiganes, toi le méchant qui me laisse tout seul face à ce problème, et Romani Prodi qui parle d'un "problème d'une terrible complexité". C'est peut-être pour ça d'ailleurs que personne ne veut s'en occuper. QUELLE HONTE! COMMENT PEUT-ON FAIRE DE LA POLITIQUE POLITICIENNE SUR LES CADAVRES CALCINES DE QUATRE ENFANTS????? Mais il y en a qui ne reculent devant rien, il y en a eu toujours, hélas. Au lieu de se pencher pour connaître la situation, cette bande d'ignorants qui parle de "nomades", de "problème nouveau" etc. etc. C'est... innomable!

     



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  • Suite à la mort de quatre enfants rroms dans un incendie qui a ravagé leur bidonville à Livorno (Italie), le premier ministre Prodi avait déclaré notamment que l'Italie n'était pas bien préparée à cette présence de Rroms, qui serait nouvelle.

    Le responsable associatif Kasim Cizmic, de l'Union des Rroms et des Sinté, réplique dans une interview donnée au journal napolitain La Mattina, pointant la marginalisation dont est victime le peuple rrom en Italie. "Cela fait vingt ans que nous remplissons les ministères et les institutions de documents dans lesquels on essaie d'expliquer que le peuple rrom ne vit pas seulement dans des camps, mais que, la majorité d'entre nous voudrait une maison. Comme dans les petits villages qui existent en France, en Espagne, en Hollande ou en Allemagne. Mais en Italie personne ne nous écoute [...] Rien n'a changé depuis des siècles. Beaucoup de gens nous haïssent", - proteste Cizmic.
    «Quand les politiques parlent - ajoute-t-il avec amertume - c'est comme si nous les Rroms et les Sinté étaions des étrangers. Alors que nous vivons en Italie depuis des siècles et que nous considérons l'Italie comme notre pays. A la seule différence que nous connaissons bien la culture italienne et que, les Italiens, par contre, ne savent rien de la nôtre". "Cela ne m'étonne pas que Prodi dise que nous sommes un problème politique", - poursuit Cizmic. "Il y a des années et des années que les politiques italiens pensent de la sorte. A chaque fois c'est comme si nous venons juste d'arriver en Italie. Alors que nous sommes ici depuis des siècles. Qui sait quand se rendront-ils réellement compte que nous existons".

    Quand on lit ces propos, on a le sentiment de déjà vu... même sans jamais avoir mis les pieds en Italie. 


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  • Une dépêche AFP reprise par le journal Le Monde informe qu'après la mort de quatre enfants rroms suite à un incendie, l'Italie a été inscrite "parmi les 14 pays de l'UE qui maintiennent des discriminations envers leurs habitants en raison de leur race ou de leur origine ethnique". Ces 14 pays membres de l'UE sont: l'Espagne, la Suède, la République tchèque, l'Estonie, la France, l'Irlande, le Royaume-Uni, la Grèce, l'Italie, la Lettonie, la Pologne, le Portugal, la Slovénie et la Slovaquie. Vous constatez donc que la France y figure aussi, alors que la Roumanie, la Hongrie, ou encore la Bulgarie n'y sont pas. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de discrimination, évidemment, mais ça veut dire aussi que, parmi les membres de l'UE, les meilleurs élèves en matière d'égalité ne sont pas forcément ce qu'on croit.

    En France aussi, il y a eu des malheurs comme ça. Heureusement, pas 4 morts d'un coup, mais il y en a eu, par exemple à Lyon, deux petites filles mortes dans un incendie, il y a 2 ans. Et des incendies sans victimes, il y en a régulièrement. Le dernier en date est celui d'Aubervilliers, mais on n'a entendu parler dans les médias que de l'interruption du service du RER, et non pas des caravanes brûlées avec tout ce qu'il y avait dedans et des gens qui se sont trouvés dans la rue. C'était certes gênant pour les voyageurs de ne pas pouvoir rentrer chez eux et d'être bloqués pendant quelques heures à Gare du Nord ou sur les voies, la preuve en est que la SNCF les a indemnisés, et il le fallait bien. Quant à ceux qui se trouvent sans rien, dehors... NO COMMENT!

    En Italie, les parents des victimes passeront devant le juge pour non assistance à personne en danger... NO COMMENT là non plus!

    Nous ne pensons pas que ce soit en raison de cet incendie que l'Italie a été mise sur la liste des pays soupçonnés de discrimination. Dans tous les cas, il semble que cette tragédie ait bien semé la pagaille. Droite contre gauche, pouvoir central contre collectivités territoriales, chacun rejette la faute à l'autre. Une table ronde au niveau national est demandée pour trouver une solution à cette situation que l'Italie juge nouvelle et à laquelle elle ne serait pas préparée. Un argument comme un autre, qui vaut ce qu'il vaut. En attendant, l'Italie et les 13 autres pays membres de l'UE qui, selon l'avis de l'UE maintiennent des discriminations raciales, sont "sommés par Bruxelles de répondre avant le 27 août, faute de quoi ils seront passibles de sanctions financières".

    Les chiffres des Rroms d'Europe Centrale et Orientale entrés en Italie récemment paraissent gonflés (la dépêche parle de 60.000), mais ce n'est pas l'essentiel. Ce chiffre pourrait comprendre aussi les réfugiés politiques (et il y en a un certain nombre, d'ex-Yougoslavie) et les immigrés en situation régulière ayant des conditions de vie normales. L'essentiel est certainement ailleurs: Est-ce que oui ou non la Roumanie fait partie de l'UE? Est-ce que oui ou non les Rroms roumains, comme tous les autres citoyens roumains peuvent être considérés comme tels, notamment avec un droit au travail qui soit effectif, même si pendant une première période de transition il n'est que partiel (seulement quelques secteurs sont "ouverts"), est-ce que oui ou non les enfants des familles qui migrent ont le droit d'être scolarisés dans le pays où leurs parents désirent s'installer ou résider un certain temps, comme il est reconnu par la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, est-ce que oui ou non ils peuvent accéder à ces droits, somme toute basiques, pour qu'ils aient un toit à eux, et pour qu'ils ne crèvent pas dans des incendies de bidonvilles insalubres, desquelles, même s'ils survivent, ils ne sortiront jamais indemnes, ou en tout cas, jamais des citoyens européens?

    Telle est la question, et elle se pose de la même manière ici en France. A un moment donné il faudra bien se rendre compte de la réalité, prendre la question à bras le corps et la traiter dans son ensemble, au lieu d'essayer de faire du bricolage à droite et à gauche. Plus que de l'immédiat de quelques personnes dans telle ou telle ville de tel ou tel pays, il s'agit de l'Europe de demain! Et ça, ça dépasse les gueguerres politiciennes du moment! Les politiciens d'aujourd'hui, qu'ils soient en Italie, en France ou ailleurs, demain ne seront plus là. Certains prendront leur retraite, d'autres trouveront une autre vocation, d'autres encore pourront être condamnés par la justice pour Dieu sait quelle affaire... mais nous, nous serons là! Réflechissons et agissons aujourd'hui, pour continuer à exister encore demain. Si nous ne pouvons pas agir, au moins réfléchissons, et réfléchissons la tête froide

    Pour lire la dépêche de l'AFP, CLIQUEZ ICI


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