• Les magouilles de l'aide ANAEM

    Ils ont cru aux promesses d'aides de l'ANAEM.

    <o:p> </o:p>

    Ion a 51 ans. Avec sa femme, Maria et sa petite fille de 11 ans, Gaby, ils sont partis en car avec le premier convoi organisé de Saint Etienne par l'ANAEM, le 11 septembre 2007, dans le cadre de la procédure « d'aide au retour volontaire ou humanitaire ».

    L'ANAEM accorde une somme d'argent pour les personnes qui retournent en Roumanie, paye leur voyage et les assure d'une aide substantielle pour leur installation sur place.

    Voilà ce qu'on peut lire sur le site de l'ANAEM :

    « Programme d'aide à la réinstallation en Roumanie

    Ce programme a pour objectif d'aider les Roumains en situation de grande précarité, regagnant leur pays après un séjour en France. Il prévoit, dans le cadre d'un partenariat avec des opérateurs locaux en Roumanie, un accompagnement personnalisé et des aides matérielles et financières à la création d'activités économiques en Roumanie.

    (...)

    Quelles sont les aides proposées en Roumanie ?

    - une formation professionnelle en lien avec le projet économique,

    - une étude de faisabilité du projet économique,

    - une aide financière au démarrage du projet à hauteur de 3660€ par projet,

    - une aide à la réalisation et au suivi du projet pendant un an,

    - un accompagnement social, si besoin.

    (...)

    Qui sont les opérateurs locaux ?

    - Association EQUILIBRE ROMANIA

    - FONDATION CRIMM

    - FONDATION KELSEN

    - ASSOCIATION HATNUTZA »

    (site de l'ANAEM : http://www.anaem.fr/article.php3?id_article=527 )

    <o:p> </o:p>

    A l'époque Ion a touché 353€ : 153€ par adulte et 47€ pour sa fille (pour donner un ordre de comparaison le salaire minimum officiel en Roumanie est d'environ 130€ et le salaire moyen de 190€).

    Ion habite avec sa famille à Oravita, une petite ville d'une région minière au Sud est de la Roumanie, dans le quartier appelé « la zone de la gare » et surnommé « les immeubles fantômes » en raison de leur délabrement (portes des appartements défoncés, fenêtres cassées, pas d'eau courante, pas de gaz). C'est là que sont confinés les rroms. Il y loue un appartement composé d'une pièce et d'une cuisine.

    Arrivé en Roumanie dans la ville d'Oradia, à la frontière de la Hongrie, l'ANAEM lui a versé les 353€ avec le numéro de téléphone d'une association chargée de les aider dans un projet d'installation.

    Immédiatement arrivé chez lui, Ion a téléphoné. Quelque temps après, une personne, prénommée Titel, lui a donné rendez vous devant l'hôtel Caras d'Oravita. Ils ont monté un dossier avec les photocopies des pièces d'identité de la famille de Ion. Ion et Maria ont signés. Le projet (décidé d'autorité part Titel) consistait à acheter des brebis pour une valeur de 7000€. C'est Titel qui achetait les brebis, Ion ne devait rien toucher en argent. Bien sûr comme Ion et sa famille ne pouvait pas s'occuper de ces brebis en ville dans leur quartier, Titel leur a demandé de trouver d'autres personnes à la campagne pour monter ensemble une association. Titel leur a donné un délais d'un mois, le temps de faire valider le dossier à Bucarest par une personne de France. Il devait ensuite les rappeler.

    Au bout d'un mois, sans nouvel, Ion a rappelé. Titel a dit qu'il fallait encore attendre. Un mois après toujours sans nouvel Ion a rappelé une nouvelle fois. C'était pendant les fêtes de Pâques, il fallait encore attendre, mais Titel leur a bien recommandé de ne pas repartir en France, sinon ils perdaient les brebis. Ion a ensuite rappelé plusieurs fois. Titel disait toujours qu'il viendrait à Oravista la semaine suivante.

    Ion a dû appeler une vingtaine de fois. Titel, représentant de l'association roumaine chargée normalement d'aider à la mise en route du projet d'installation, n'a jamais rappelé Ion après leur première et unique rencontre.

    Lors du dernier appel, le fameux Titel s'est mis en colère, a demandé qu'Ion arrête de lui téléphoner, « Je sais ce que j'ai à faire » a-t-il dit.

    Aucune aide n'a été apportée à Ion et à sa famille. Ion avait demandé à un moment une aide de 300€, refus. Il fallait attendre les brebis.

    Ion a finalement abandonné et est revenu en France, à St Etienne, le 9 juin 2008, dix mois après son départ avec l'ANAEM.

    Ion ne se rappelle plus du nom de l'association roumaine qui devait l'aider. Mais il a son numéro de téléphone ( +402622223494) et la ville du siège social, Baia Mare. D'après le site de l'ANAEM c'est le siège de la Fondation Kelsen.

    Voilà un exemple précis de la façon dont les choses se déroulent concrètement. Aucune des personnes reparties de St Etienne avec l'ANAEM, dans le cadre du programme d'aide au retour volontaire, n'a bénéficié d'une aide à l'installation.

    Juste une précision : Gaby, la fille de Ion et Maria, était scolarisé régulièrement avant le départ de la famille, avec de bons résultats. Elle ne l'a plus été en Roumanie. Question d'argent : les enseignants demandent sans cesse de payer pour du mobilier, l'entretien... font pression sur les enfants des familles qui ne versent pas. Les parents de Gaby sont trop pauvres pour verser quoi que ce soit. De retour à St Etienne, elle est immédiatement retournée à l'école...dix mois après !

    Georges Günther (membre de "Solidarité rroms", Saint-Etienne http://solidariterroms.mi-blog.net)


    Tags Tags : , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :