• L’incendie a tué Diego, le petit feu continue à briser des vies

    Samedi, 23 mai 2009, le petit Diego trouvait la mort dans un incendie qui a ravagé le squat où il habitait avec sa famille. Le sort tragique de cet enfant est une illustration de plus du danger dans lequel sont acculés quelques 6000 Rroms originaires de Roumanie en France. L’incendie a été éteint par les héros du feu qui, malheureusement n’ont pas pu sauver la vie de Diego. La question reste tout de même ouverte : n’y a-t-il que les pompiers pour s’occuper de ces Rroms ? C’est à l’Etat d’intervenir et de permettre à ces personnes de vivre dignement, notamment en leur ouvrant l’accès au marché du travail.

    Dans l’exercice de sa souveraineté, la France a accepté l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne le 1er janvier 2007. Cinq ans auparavant, les citoyens roumains et bulgares avaient été dispensés de visa d’entré à l’espace Schengen. Le nombre de Rroms de ces pays reste inchangé depuis 2002, autour de 6000. Bien que citoyens européens depuis 2007, ils n’ont pas le droit de travailler en France sans une autorisation spéciale de la préfecture, qui se révèle en pratique impossible à obtenir. Ce statut juridique relègue les Rroms roumains et bulgares dans des bidonvilles où ils survivent en travaillant au noir, en vendant des journaux ou des fleurs, ou en mendiant.

    Diego avait retrouvé l’école, malgré les expulsions successives d’un lieu à un autre par des hommes habillés en bleu ou en noir. Il avait certainement des rêves, comme tout enfant, rêves qui se sont calcinés un samedi après-midi. Il est trop tard pour lui. Mais restent ses frères et sœurs, ses cousins, les autres... est-ce que ceux-là les réaliseront ? Comment ?

    La politique actuelle, fondée sur une présomption irréfragable de niaiserie des administrés, continue à briser des vies. Quand ce n’est pas l’expulsion vers le « pays d’origine », c’est l’expulsion d’un terrain à l’autre, d’une ville à l’autre. Des élus locaux prennent parfois le courage d’intervenir, tout limités qu’ils soient dans leurs possibilités, l’obtention d’un titre de travail relevant, elle, des préfectures.

    La voix des Rroms appelle à une suppression immédiate des restrictions posées par l’Etat français à l’accès à l’emploi pour les citoyens roumains et bulgares. Cela constitue la base sans laquelle tout « effort pour l’intégration » des Rroms de ces pays restera un vœu pieux, si ce n’est de l’hypocrisie.

     

     


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