• Yachko, un Rrom de Yougoslavie se décida d'adhérer au parti unique de Tito.

    Tout content du pas qu'il avait fait, il va, enthousiaste, à la première réunion du parti. Le secrétaire de l'organisation base du parti fait un discours, où il explique le fonctionnement du pays à travers la métaphore d'un train:

    "Notre parti est la locomotive de ce train qu'est la Yougoslavie. Elle est la force qui fait le train avancer, suivie de tous les peuples frères de notre fédération: Les Serbes, qui sont la première voiture du train, les Croates, deuxième voiture, les Slovènes, troisième voiture..." et il énumère ainsi tous les peuples des Républiques yougoslaves, avant de terminer par:

    "Enfin, la dernière voiture du train, la plus lourde, qui empêche l'avancement du train, ce sont les Rroms". Yachko, jusque là dans le rêve, imaginant ce train qui avançait, se réveille d'un coup. "Merde, - pense-t-il, pourquoi il dit ça, le secrétaire?". Mais il n'ose pas poser la question, et encore moins contredire le secrétaire. La réunion finie, il rentre à la maison, triste. Sa femme s'étonne de ce changement d'humeur total de son mari, avant et après la réunion.

    "Qu'y a-t-il?" - demande-t-elle à son mari. Yachko lui raconte comment la réunion s'est passé, et lui dit qu'il a été très blessé des paroles du secrétaire.

    "Mais c'est pour ça que tu t'attristes ainsi? - dit la femme, - mais heureusement que nous étions et sommes toujours là pour empêcher tant que faire se peut ce train; sinon, il aurait péri dans Dieu sait quel abîme depuis longtemps ».

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  • Et il est là!

    Un recueil de proverbes du peuple rrom, dans son ensemble, bien évidemment: Rroms, Gitans, Manouches.

    Le livre s'intitule "Sagesse et humour du peuple rrom" et il est paru au 1er janvier. 2007 a bien commencé donc!

    Sous-titré "Sar o rromano ilo nanaj pe sasti phuv - Comme le coeur rrom il n'y a pas sur la terre entière", - c'est un proverbe rrom, - le livre a mis du temps pour être disponible. Mais un temps qui n'a pas forcément été perdu, car il a été enrichi au fur et à mesure.

    Edité chez l'Harmattan, vous pouvez vous procurer ce recueil en librairie ou bien sur internet en cliquant ici

     


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  • E ʒukleça, ʒuklanes

     Avec le chien, il faut parler à la manière des chiens


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  • Un colonel de l'armée d'un certain pays tomba fou amoureux d'une jeune rromni qui lui avait fait les lignes de la main. Il alla donc voir le père de cette fille, pour lui demander sa main. Un dialogue s'engage entre le vieux rrom et le jeune colonel:


    - Quel métier as-tu ?


    - Je suis colonel.


    - Je t'ai demandé quel métier tu as


    - Mais je suis colonel de l'armée de ce pays!


    - Euuh.... bon... écoute garçon, tu apprends d'abord à faire des paniers, ensuite tu reviens pour qu'on discute. Colonel, ça n'est pas un métier. Et si demain on te jette de l'armée, comment vas-tu nourrir ma fille?


     


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  • Un vieil homme dans un village vivait tout seul. Pas loin de chez lui, vivait Ramo, un rrom, avec sa femme et ses cinq enfants. Ramo avait une kakavi (marmite), mais elle était trop petite pour cuisiner pour toute la famille. Un jour, il va chez son voisin qui vivait tout seul et lui dit: "j'attends des convives chez moi, mais ma marmite est trop petite pour cuisiner pour tous. Peux-tu m'en prêter une plus grande?". Avec quelque hésitation, le vieux lui donna quand même sa marmite. Deux jours après, Ramo retourne chez le vieux pour la lui rendre. Il frappe à sa porte, et quand le vieux sort, il lui dit: "dis donc, tu ne m'avais pas dit que ta marmite était enceinte! Voilà, je te la rends, elle et sa petite fille qu'elle a mise au monde chez moi", en lui tendant aussi sa petite marmite.
    Le vieux pense dans sa tête que le Rrom est fou, mais lui répond: "ah oui, j'avais oublié de te dire qu'elle était enceinte! Merci quand même d'en avoir pris soin".

    Quelques jours passent, et Ramo retourne chez son voisin, lui disant: "Je suis désolé de t'embêter à chaque fois, mais voilà, j'attends des convives de nouveau. Est-ce que tu peux me prêter encore ta marmite?". Cette fois-ci, le vieux n'hésite plus du tout, espérant récupérer sa marmite sous peu, avec une autre. "Mais bien sûr, - dit-il, je te la prête bien volontiers", et il la lui donne.

    Deux jours passent, trois, et au bout du quatrième jour, Ramo retourne chez son voisin. Il frappe à sa porte. Le vieux sort et est tout content, mais il voit le visage triste de Ramo, qui lui dit: "Oh mon ami... comment pourrais-je te dire ça... tu ne m'avais pas dit que ta marmite était souffrante...". "Quoi?" - dit le vieux, les yeux tout ronds. "Ben oui, je comprends que tu aies de la peine, mais ta marmite était gravement malade. Elle est morte chez moi". "Arrête de mentir!, - crie le vieux, une marmite ça ne meurt pas, ce n'est pas un être humain". "Ah oui? - dit Ramo, - pourtant c'est la vérité. Tu m'a bien cru quand je t'ai dit qu'elle avait accouché d'une fille, maintenant pourquoi tu mets en doute ma parole. Je te dis qu'elle est morte".


    Et voilà, comment Ramo a échangé sa petite marmite contre la grande de son voisin. Finalement, chacun en a eu pour ses besoins...


    o paramisi odothe, o sastipen akate


     


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