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LA VOIX DES RROMS

Les Rroms acteurs - Parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous

Un petit mot à nos lecteurs

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Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.

Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com


Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7 FM


Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander



Qui sont les Rroms ?    


Les Rroms sont un peuple d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.

Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.

Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.


Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français


Et les Tsiganes alors ?


Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.

A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...

A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.


Rroms et Gens du Voyage

De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...

Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.


Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste?

C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...

Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.



Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?

Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.

Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms


Que signifie le terme Samudaripen ?

En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.

N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom. Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.

En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????

On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis,
et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.


Le saviez-vous ?

Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !

A quoi correspond le 8 avril -
journé mondiale des Rroms?

Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...

SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King


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Communiqué de l'experte indépendante des Nations Unies sur les minorités en France | 29 septembre 2007

L'EXPERTE INDEPENDANTE DES NATIONS UNIES SUR LES QUESTIONS RELATIVES AUX MINORITES LANCE UN APPEL EN FAVEUR D'UN FERME ENGAGEMENT AU PLUS HAUT NIVEAU POUR PROMOUVOIR LA NON DISCRIMINATION, L'EGALITE ET LA DIVERSITE EN FRANCE


Paris, 28 septembre 2007: Au cours de sa visite officielle en France, Mme Gay J. McDougall, l'experte indépendante des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités a constaté que les membres de communautés minoritaires en France font l'objet d'une grave discrimination et a appelé au Gouvernement français à réagir par des politiques de lutte contre une discrimination répandue, enracinée et institutionnalisée dans la société française. « Le racisme est vivant, pernicieux et il cible clairement les minorités « visibles » issues de l'immigration qui sont pour la plupart des citoyens français », a t'elle affirmé.

« Les espoirs et les rêves des jeunes sont ignorés ; ils ne voient aucune possibilité de promotion sociale en raison de la couleur de leur peau, de leur religion, de leur nom de famille ou de leur adresse (dans ce que l'on appelle les banlieues sensibles). Des personnes qui ont beaucoup travaillé, qui ont respecté toutes les règles du jeu et qui croient sincèrement aux principes de la République Française se retrouvent piégées dans des ghettos urbains géographiquement et socialement isolés où le taux de chômage dans certains cas peut dépasser les 40%. Ils se sentent discriminés et rejetés par une conception rigide de l'identité nationale française qui ne leur correspond pas », a expliqué d'experte indépendante.

L'experte indépendante s'est dite préoccuppée par des déclarations faites par des acteurs politiques  et des candidats aux élections qui ont été considérées au mieux comme inhospitalières et au pire comme racistes. Elle a déclaré que les messages émanant des plus hauts représentants de l'Etat doivent transmettre, sans aucune ambiguïté, un véritable attachement à la promotion de l'égalité et de la diversité au quotidien. A son avis :

 «  La promesse  d'égalité contenue dans la Constitution est une vision et non pas la réalité de la France moderne. Les dirigeants de la France doivent  remplir cette promesse », a déclaré l'experte indépendante.

Mme McDougall a visité la France du 19 au 28 septembre. Elle s'est rendue à Paris, Marseille et Strasbourg où elle eu des entretiens avec des Ministres et d'autres hauts fonctionnaires du gouvernement, des ONGs et des groupes de la société civile, des chefs religieux, des universitaires et d'autres personnalités travaillant sur les questions de minorités, discrimination, racisme et parité hommes-femmes. Mme McDougall a fait des déplacements dans les banlieues de Paris et de Marseille, notamment à Bobigny et à la Courneuve, particulièrement touchées par les violences urbaines de 2005, pour s'entretenir directement avec les habitants de leur vie et entendre leur histoire et leurs préoccupations. Elle a également organisé des fora pour les femmes issues des minorités. Elle en a conclu que les problèmes particuliers rencontrés par les habitants des ghettos sont une conséquence directe de la discrimination raciale et qu'il faut pour cette raison la mise en place de politiques visant leur situation particulière.

Historiquement la France a toujours rejeté la notion de droit des minorités et a toujours considéré que ces droits sont incompatibles avec la Constitution française et les principes de la République qui mettent en valeur les droits individuels, l'égalité, l'unité et l'universalisme. L'experte indépendante s'est félicitée des initiatives récentes contre la discrimination, notamment en 2005  la loi contre la discrimination et la création de la Haute Autorité de lutte contre la Discrimination et pour l'Egalité (HALDE) , organe indépendant ayant un pouvoir de médiation ou de renvoyer devant les tribunaux des cas de discrimination, ainsi que de réaliser des études et  promouvoir des activités en matière de non discrimination. Tout en se félicitant du rôle de la HALDE et des  Associations qui peuvent saisir la justice au cas par cas, elle a insisté sur la nécessité d'une approche plus globale et plus ferme. Les sanctions imposées en cas de discrimination doivent être suffisamment sévères pour dissuader de toute nouvelle violation. «  À l'heure actuelle les amendes imposées semblent amoindrir l'importance de  la lutte contre la discrimination », a expliqué l'experte.

Mme McDougall en appelle à la promotion de l'égalité par des politiques vigoureuses de « affirmative action ». « La non discrimination n'est que la premier pas sur la voie de l'égalité ». Dans le domaine de l'emploi par exemple elle estime que l'Etat français doit et que l'on peut facilement faire davantage pour donner des chances à tout le monde et pour changer la composition de la fonction publique, de la police et d'autres institutions publiques afin de refléter la grande diversité de la société française.

L'experte indépendante a estimé que « plutôt que d'être considérées comme une violation de la Constitution française ces politiques du gouvernement doivent être vues comme essentielles pour réaliser une vision véritable de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité. La reconnaissance de l'origine ethnique, de la religion et de l'héritage de chacun ne doit pas être perçue comme une menace pour les  principes de l'unité et de l'égalité sur lesquels repose la société française ».
         
L'experte indépendante  salue l'initiative prise par le Président Nicolas Sarkozy de lancer un débat public sur les politiques de « affirmative action ». Elle regrette cependant que les termes utilisés aient envoyé un message ambigu  sur un véritable attachement  à ces politiques. « Lorsque des dirigeants politiques parlent de « discrimination positive » cela ressemble à un message codé de rejet de cette notion ; ce terme de « discrimination positive » colporte la perception erronée que des privilèges sont accordés à des personnes de certaines origines », a dit l'experte.

Elle ajoute à ce propos : « Il reste encore beaucoup à faire pour que la diversité culturelle soit acceptée. A ce jour les communautés de nouvelles minorités ont le sentiment largement partagé qu'il ne suffit pas d'être un citoyen français pour être pleinement accepté, que cette acceptation va de pair avec une assimilation totale qui les oblige à renoncer à des pans entiers de leur identité. Ce n'est que lorsqu'ils parviendront à changer la couleur de leur peau, cacher les manifestations de leur religion ou les traditions de leurs ancêtres; et à ce moment là seulement qu'ils seront acceptés comme français à part entière. Le message implicite dans l'appellation du nouveau Ministère de l'Immigration de l'Identité Nationale de l'Intégration et du Co-developpement semble leur indiquer que la présence et le nombre croissant de personnes issues de l'immigration menacent l'identité nationale de la France et constituent un problème qui doit être résolu. »

L'experte indépendante a reçu, de diverses sources, des informations sur la situation d'autres groupes  de la société française y compris les Rroms, les Bretons et la communauté juive. Leur situation sera couverte dans le rapport intégral de la mission qui sera présenté au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies. Elle s'est plus particulièrement concentrée sur les expériences de citoyens français issus de l'immigration, de populations stabilisées en France souvent décrites comme «nouvelles  minorités »   en particulier les populations d'origine nord africaine, d'Afrique sub-saharienne, les musulmans et celles originaires des départements et territoires d'Outre-Mer.

Les visites réalisées auprès de communautés de minorités où l'experte indépendante a organisé des fora à leur intention ont fait apparaître des  sentiments de frustration parmi de nombreux citoyens français issus de l'immigration du fait qu'en dépit de leur grand attachement au principe d'égalité  et aux valeurs de la France, ils restent des citoyens de seconde classe qui n'ont pas accès aux mêmes opportunités que les autres, ils sont accusés de communautarisme alors qu'en réalité ils n'ont d'autre choix que celui de vivre dans des ghettos isolés de logements sociaux. Des préoccupations ont également été portées à l'attention de l'experte indépendante à propos du débat actuel sur  l'immigration qui porte, entre autres, sur les questions des contingents d'expulsions et  des tests ADN. Ce débat crée un climat général de suspicions et de rejet envers les populations issues de l'immigration.

________________________


Le mandat de l'Experte Indépendante des Nations Unies était établi en 2005 pour promouvoir la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques. Mme Gay McDougall, première Experte Indépendante sur les questions relatives aux minorités, est un ancien membre du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale des Nations Unies et de la Sous-commission de la promotion et de la protection des droits de l'homme. Elle était Directeur Exécutif de l'ONG ‘Global Rights' entre 1994 et 2006, et est actuellement affiliée  à l'Université Américaine a Washington D.C. Pour plus d'information sur les fonctions de l'Experte Indépendante, merci de visiter http://www.ohchr.org/english/issues/minorities/expert/index.htm.




UN Independent Expert on minority issues calls for clear and committed leadership to promote non-discrimination, equality and diversity in France

Paris, 28 September 2007: During her official mission to France, the United Nations Independent Expert on minority issues, Ms Gay J. McDougall, found that serious discrimination is experienced by members of minority communities in France and she called on the French Government to respond with policies that address effectively widespread, entrenched and institutionalized discrimination in French society.

“Racism is alive, insidious and clearly targeted at those “visible” minorities of immigrant heritage, the majority of whom are French citizens”, the Independent Expert stated.  

“Young people's hopes and dreams are being denied; they see no possibility of upward mobility because of their skin colour, their religion, their surname or their address (in what's called the sensitive suburbs). People who have worked hard, played by all the rules and truly believe in the principles of the French Republic are trapped in socially and geographically isolated urban ghettos, with unemployment in some areas over 40 per cent. They feel discriminated against and rejected by rigid notions of French national identity to which they do not conform”, she said.

The Independent Expert expressed her concern about statements made by French political leaders and candidates during the electoral period that have been viewed as at best unwelcoming and at worst of a racist nature. She stated that the messages coming from the highest officials of the state must be unambiguous in signaling full commitment to promoting equality and diversity in practice.

“The Constitutional promise of equality is the vision, but not the reality of modern France. France's leaders must live up to that promise”, she stated.

Ms. McDougall visited France between 19 and 28 September. She traveled to Paris, Marseilles and Strasbourg, during which she held consultations with Ministers and other senior governmental representatives, NGOs and civil society groups, religious leaders, academics and others working in the field of minority issues, discrimination, racism and gender issues. Ms McDougall visited the suburbs of Paris and Marseilles, including Bobigny and La Courneuve, areas affected by urban upheavals in 2005, to talk directly to community members about their lives and hear their stories and concerns. She also held forums specifically for minority women. She concluded that the particular problems faced by people in these ghettos is a direct consequence of racial discrimination and consequently require policy initiatives targeted to address the special circumstances that they face.

France has historically rejected the concept of minority rights and recognition of minority groups as incompatible with the French Constitution and the principles of the Republic, which prioritize individual rights, equality, unity and universalism. The Independent Expert commended recent anti-discrimination initiatives including the 2005 anti-discrimination law and the establishment of the High Authority to Fight Discrimination and Promote Equality (HALDE), an independent body with powers to mediate or refer for prosecution discrimination cases, conduct studies and promote non-discrimination activities. While welcoming the role of the HALDE and civil society organizations in prosecuting discrimination on a case-by-case basis, she emphasized that a broader and more robust approach is required. Penalties for discrimination should be sufficiently severe to act as a deterrent to future violations. “Currently”, she commented, “the fines imposed seem to belittle the whole exercise of combating discrimination”.
   
Ms. McDougall calls for the promotion of equality through robust affirmative action policies.  “Non-discrimination is just the first step in establishing equality.” In the area of employment, for example, she believes that more must be done and can be done easily to create opportunities for all and to transform the ranks of the civil service, the police, and other public institutions to reflect the broad diversity within French citizenry.

Rather than being considered to violate the Constitution of the French Republic, the Independent Expert commented that “such action on the part of the Government should be seen as essential to achieving a true vision of “Liberté, Egalité et Fraternité”. The acknowledgement of ethnicity, religion and heritage should not be considered to threaten the principles of unity and equality that are the foundation of French society”.

The Independent Expert commends President Nicolas Sarkozy for opening a public discussion on affirmative action policies.  But she regrets that the terminology that he used sent mixed messages about his support for such initiatives.  When you hear national leaders using the term “positive discrimination” it sounds like a coded instruction to reject the concept; the term conjures up misleading perceptions of privileges given to those from certain backgrounds.  

“Much more also remains to be done to establish an acceptance of cultural diversity.  Currently, there is a widespread feeling within the communities of new minorities that to become a citizen of France is not sufficient for full acceptance; that acceptance will be granted only with total assimilation that forces them to reject major facets of their identities.  Only when a way is found to shed the color of their skins, hide the manifestations of their religion or the traditions of their ancestors, only then will they be accepted as truly French. The message that they take from the name of the new Ministry of Immigration, National Identity, Integration and Co-development seems to be that the presence and increasing numbers of people of immigrant heritage is a threat to the national identity of France; that it is a problem that must be solved”, she stated.

The Independent Expert received information from numerous sources regarding the situation of many groups within French society, including the Roma/travelers, the Breton and the Jewish community, that will be reflected in her full visit report to the UN Human Rights Council. She focused particular attention on the experiences of French citizens of immigrant heritage, settled residents of France, sometimes described as “new” minorities, including those of North African, sub-Saharan origin, Muslims, and those from the overseas departments and territories.

Visits to minority communities where the Independent Expert held forums for community members revealed frustration amongst many French citizens of immigrant origin that despite their own strong commitment to French values and principles of equality, they remain second class citizens, lacking the opportunities available to others, and blamed for “communitarianism” when in fact they are given little choice other than to live in isolated low cost housing “ghettos”. Concern was also expressed to the Independent Expert regarding current debates on immigration, announcing quotas for deportations, and questions of DNA testing for example, which generate a general climate of suspicion and negativity against those of immigrant origin.    

________


The mandate of the Independent Expert was established in 2005 to promote implementation of the UN Declaration on the Rights of Persons Belonging to National or Ethnic, Religious and Linguistic Minorities, and to identify successful practices on the issues addressed by her mandate.

Ms. Gay McDougall, the first Independent Expert on minority issues, is a former member of the UN Committee on the Elimination of Racial Discrimination (CERD) and the Sub-Commission on Human Rights. She was Executive Director of the NGO Global Rights until April 2006, and is currently Scholar in Residence at the American University, Washington.

For more information about the role and function of the Independent Expert, please visit the homepage http://www.ohchr.org/english/issues/minorities/expert/index.htm

Publié par voxrromorum à 00:59:54 dans Les Rroms et les autorités | Commentaires (0) |

A Bagnolet, vigilance maximale pour éviter le recul | 26 septembre 2007

Aujourd'hui mercredi 26 septembre 2007, les Rroms de Bagnolet hébergés au foyer de l'avenue galliéni et à l'hôtel sont allés collectivement remettre une lettre au maire de Bagnolet (voir ci-dessous), afin de demander à celui-ci de réaffirmer son soutien dans la continuité de leur hébergement. En effet, une MOUS (maîtrise d'œuvre urbaine et sociale) est en passe d'être signée entre la Préfecture de Seine-Saint-Denis, la Mairie et des associations, MOUS qui risque fortement de remettre en cause la stabilité relative acquise par les Rroms jusqu'à aujourd'hui, en érigeant en critères de sélection la détention de «droits» que les Rroms n'ont pas !

A l'heure où l'Etat français se déchaînent en expulsion de terrains et en expulsion du territoire, par des « obligations à quitter le territoire français » et y compris grâce au système totalement hypocrite de « l'aide au retour », la future convention (Mous) s'annonce comme un recul. Le maire de Bagnolet, Marc Everbecq, nous a reçus longuement, a pris note des revendications des Rroms et a promis d'en tenir dument compte dans les discussions avec la préfecture. Parmi celles-ci, la plus importante concerne le droit au travail, qui tout en étant reconnu sur le papier, est rendu impossible en pratique par la procédure trop lourde et trop longue qui lui est appliquée. C'est précisément la préfecture qui a compétence pour délivrer des autorisations de travail, et les Rroms ont demandé à les obtenir sans le blocage procédural mis en place (voir cet article qui détaille le problème).

Un prochain rendez-vous est fixé pour la semaine prochaine.

Publié par voxrromorum à 22:11:31 dans Actualité culturelle | Commentaires (0) |

France Inter à propos de notre blog | 26 septembre 2007

 

Dans le cadre de la chronique "Blogs à part", la radio France Inter a présenté le blog de La voix des Rroms. Cliquer sur le bouton vert ci-dessus pour écouter.

Publié par voxrromorum à 16:48:20 dans Actualité culturelle | Commentaires (3) |

Concert du collectif Sumnakaj | 26 septembre 2007

 

A ne pas rater,

Le samedi 29 septembre à 20h30

AU VIEUX LION

Rue de la grande truanderie (le concert ne n'en sera pas une, rassurez-vous)

Paris 1er - Métro + RER: Les Halles 

Publié par voxrromorum à 14:41:11 dans Actualité culturelle | Commentaires (0) |

Les Rroms de Bagnolet demandent le soutien du maire face à la préfecture | 26 septembre 2007

LETTRE OUVERTE

 

A M. Marc EVERBECQ

Maire de Bagnolet

 

Bagnolet, le 26 septembre 2007

 

 

Monsieur le Maire,

 

Bientôt il se sera écoulé trois ans depuis que vous-même, ainsi que d'autres élus de notre ville, avez pris l'engagement de nous soutenir après l'incendie qui a ravagé nos habitations de fortune. Au cours de cette période, le dialogue que nous avons mis en place avec vous et les services de la ville a abouti dans un premier temps à notre hébergement d'urgence dans un centre de loisirs désaffecté et à la mise en place d'un projet de relogement et d'insertion sociale pour un certain nombre d'entre nous, les familles restantes devant bénéficier d'un autre projet similaire dans un avenir proche, conformément à l'engagement que vous avez pris en juillet dernier et qui nous a été encore confirmé il y a trois semaines par votre directeur général.

 

Nous sommes parfaitement conscients que l'implication de l'Etat dans cette initiative, initiative saluée par toute une série d'acteurs, dont le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, est nécessaire pour sa réussite. C'est pourquoi nous considérons indispensables les pourparlers qui ont cours en ce moment avec la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Cependant, nous tenons à rappeler la spécificité de notre cas à Bagnolet, qui tient dans une action concertée des élus, des services municipaux, et de nous-mêmes ; nous sommes donc quelque peu inquiets de la manière dont la MOUS (Maîtrise d'œuvre Urbaine et Sociale) s'annonce. En effet, contrairement à ce qui s'est passé à Aubervilliers, et plus récemment à Saint-Denis, cette nouvelle MOUS n'intervient pas « dans un vide », mais peut et doit s'appuyer sur les réalisations actuelles : des logements pour la plupart d'entre nous, l'hébergement en hôtel pour les personnes restantes et un début d'accompagnement social pour l'ensemble.

 

Dans ce contexte, nous souhaitons faire savoir que l'utilité de l'enquête sociale qui se profile comme un préalable à la mise en œuvre de la MOUS nous semble plus que douteuse. En effet, vous savez que, missionnée par la ville, France-Terre d'asile avait conclu que notre prise en charge et notre accompagnement social n'était pas envisageable. L'expérience subséquente a pourtant démontré le contraire, et nous avons su agir en partenaires actifs et constructifs aussi bien avec les élus qu'avec les services administratifs de la ville. Au contraire, les enquêtes sociales commandées par la préfecture de notre département à ce jour mettent à l'écart toute consultation avec les concernés. De plus, les critères de sélection ont toujours été flous, changeants et opaques et le choix opéré n'est souvent pas pertinent. C'est ce qui explique entre autres qu'à Aubervilliers, parmi les 80 personnes sélectionnées, seulement une cinquantaine bénéficient aujourd'hui du projet. Une enquête sociale tendant à faire une sélection de bénéficiaires à Bagnolet est surtout inutile du fait que nous sommes déjà relogés pour la majorité d'entre nous et que les coûts qu'elle suppose pourraient couvrir, au moins en partie, le relogement des quelques personnes restantes.

 

Par ailleurs, il est totalement absurde que la Préfecture pose comme condition préalable à notre accompagnement social d'avoir un travail alors que notre situation administrative nous empêche aujourd'hui de travailler légalement. De même il est illogique de poser la scolarisation de nos enfants comme critère avant d'avoir associé l'Inspection Académique de la Seine-Saint-Denis à notre accompagnement social afin d'obtenir une réponse favorable pour la scolarisation de nos enfants. Bien sûr nous souhaitons tous travailler, scolariser nos enfants et maîtriser le français mais notre accompagnement devrait nous offrir les moyens pour atteindre ces objectifs et non pas se servir de leur réalisation incomplète comme un motif d'exclusion.

 

L'implication de la préfecture nous paraît indispensable dans la mesure où le droit de travail, clé de notre intégration, en dépend. Aussi, nous vous prions de faire le nécessaire afin d'obtenir l'engagement de la préfecture à nous délivrer des autorisations de travail sans passer par la procédure actuelle qui rend l'obtention de celles-ci impossible en pratique (cf. dans ce sens l'article du journal L'Humanité du 14 septembre 2007 « L'expulsion des Rroms n'a pas cessé » http://www.humanite.fr/2007-09-14_Tribune-libre_L-expulsion-des-Rroms-n-a-pas-cesse ).

 

Aussi, nous vous demandons par la présente de faire part de nos observations à la préfecture, et en y prenant appui de :

 

  1. Refuser toute enquête sociale dont l'objectif serait d'opérer un choix entre les personnes que vous vous êtes engagées à soutenir, un engagement que vous avez honoré jusqu'à présent

 

  1. Poursuivre le projet de relogement et d'insertion socioprofessionnelle en l'étendant aussi à ceux d'entre nous qui n'ont pas été retenus dans le foyer d'hébergement avenue Gallieni, mis en place avec le soutien de la région d'Ile-de-France.

 

  1. Intégrer l'Inspection d'académie de la Seine-Saint-Denis en tant que partenaire à cette MOUS, en ce qui concerne la scolarisation des enfants

 

  1. Exiger de la préfecture que la Direction départementale du travail et de l'emploi nous délivre des autorisations de travail dans les plus brefs délais et sans exiger une promesse d'embauche au préalable, étant donné que nous faisons déjà l'objet d'un accompagnement social

 

Forts de l'expérience des trois dernières années à Bagnolet, mais aussi des erreurs qui ont pu être commises ailleurs dans des cas similaires et dont nous pensons qu'il faut tirer des leçons, nous avons confiance en votre soutien. Il en va de notre avenir, mais aussi de la réussite d'un projet exemplaire qui a été mené presque à son terme et qu'il serait dommage de compromettre par une précipitation mal venue.

 

Veuillez agréer, monsieur le maire, l'expression de nos salutations distinguées

 

 

Les Rroms bulgares de Bagnolet

 

 

 

 

Association « La voix des Rroms »                            Le comité de soutien aux Rroms de Bagnolet

Publié par voxrromorum à 08:06:03 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (0) |

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