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LA VOIX DES RROMS

Les Rroms acteurs - Parce que nous ne sommes pas forcément ce que les autres voient en nous

Un petit mot à nos lecteurs

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Nous sommes un certain nombre de Rroms qui avons pris l'initiative de parler un peu de nous mêmes. Non pas parce qu'on ne parle pas assez de nous, mais parce que... souvent ce sont les autres qui le font à notre place. Alors, on s'est dit que ce serait peut-être plus normal que nous-mêmes on s'exprime un peu plus. Voilà tout. Nous avons créé l'association "La voix des Rroms" en 2005, puis lancé ce blog en mai 2006, pour vous tenir informés et dialoguer avec vous. Alors, nous vous souhaitons bonne lecture et surtout, n'hésitez pas à nous poser des questions, nous faire des suggestions ou des critiques.

Nous sommes aussi engagés dans différentes associations et intervenons souvent auprès du public sur des sujets concernant les Rroms, en France et en Europe. Si vous avez une demande en ce sens, n'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lavoixdesrroms@gmail.com


Vous pouvez écouter notre émission "La voix des Rroms" le troisième dimanche de chaque mois à 13h15 sur "Fréquence Protestante" 100.7 FM


Et pour ceux qui sont un peu pressés, voici ce que vous avez toujours voulu savoir sur nous, sans oser nous le demander



Qui sont les Rroms ?    


Les Rroms sont un peuple d'origine indienne, dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans.
Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie.

Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%.

Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France.


Etre Rrom est une valeur positive indiscutable,
tout comme être Chinois, Argentin ou Français


Et les Tsiganes alors ?


Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, les prirent pour un nouveau contingent de cette secte.

A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)...

A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.


Rroms et Gens du Voyage

De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló », un idiome en fait plus espagnol que rromani...

Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.


Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste?

C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié...

Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.



Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?

Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine.
Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome.

Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms


Que signifie le terme Samudaripen ?

En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale.

N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945. Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom. Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie.

En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????

On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis,
et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi.
Jusqu'à nos jours, seules les victimes rroms de nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.


Le saviez-vous ?

Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms !

A quoi correspond le 8 avril -
journé mondiale des Rroms?

Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...

SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King


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Suite, mais pas fin de la question des Rroms de Saint-Ouen | 31 octobre 2006

 


Aujourd'hui, mardi 31 octobre, une rencontre a eu lieu entre "La voix des Rroms", des représentants des familles rroms de Saint-Ouen, leur comité de soutien des Rroms de Saint Ouen, le collectif "Solidarité sans papiers 93" et deux représentants d'EDF.
Le lieu de rendez-vous a été modifié par EDF peu de temps avant l'heure convenue, pour des raisons qui ne nous sont pas connues et que nous ne tenons pas non plus à connaître. La rencontre, qui s'est déroulée finalement dans un bar à Saint-Ouen (initialement elle était prévue dans un hôtel à Gennevilliers) fait suite à l'entrevue avec M. Legoupil de l'EDF après l'occupation d'une agence EDF à Saint-Denis vendredi dernier. M. Legoupil et M. Quentin de l'EDF ont fait connaître la position de leur entreprise: tant que la mairie de Saint-Ouen n'a pas exprimé son intention de trouver une solution alternative, l'EDF fera valoir la décision d'expulsion rendue par le tribunal d'instance de Saint-Ouen le 12 octobre dernier. EDF a contacté la mairie et a obtenu une réponse négative. Rien d'étonnant à cela lorsqu'on sait que desbfamilles africaines qui ont campé devant la mairie pendant plusieurs semaines avec la même demande n'ont eu en guise de réponse que l'envoi de la police, armée de flash-balls. Les Rroms aussi, il y a quelques jours, avec leur comité de soutien, avaient tenté un dialogue et la réaction de la mairie fut la même.

Notre délégation a expliqué que le dialogue éventuel qui pourrait s'engager avec la mairie ou d'autres autorités publiques ne saurait être un préalable à un moratoire accordé par EDF afin que les familles ne se retrouvent pas dehors. En effet, le dialogue avec les élus et les politiques prend du temps et souvent ne s'instaure que suite à un rapport de force favorable, ce qui requiert du temps à son tour aussi. Nous avons fait savoir aux deux représentants d'EDF qu'en effet, la mairie n'était pas la seule susceptible à répondre à cette situation et que si l'EDF nous laissait le temps, nous pourrions peut-être aboutir dans cette démarche.

L'EDF gare tout e même sur sa position : elle a demandé à la préfecture de faire exécuter la décision d'expulsion, mais M. Legoupil nous a assuré que la police n'interviendrait pas tout de suite, vu qu'elle est surtout mobilisée dans les banlieues. Notre interprétation de la situation va donc de soi, même si M. Legoupil nous en attribue la quasi-exclusivité, puisqu'il n'a pas la même : « prions pour que le risque de violences dans les banlieues garde les policiers suffisamment occupés pour qu'ils n'expulsent pas les familles rroms ». En effet, face à cette fermeture totale d'EDF, les Rroms devraient parier sur la violence dans les banlieues, seul élément pouvant repousser leur expulsion.
Nous avons répété, et le répétons encore :





  • Il n'y a aucune gêne de voisinage causée par ces familles, ne serait-ce que parce qu'il n'y a même pas de voisins dans ce lieu.



  • Il n'y a pas non plus de projet immédiat sur le terrain, ni de démolition prévue.
Alors, il est tout de même étrange de constater cette précipitation d'EDF d'expulser les occupants d'un immeuble que ni EDF ne compte réutiliser, ni personne n'entend démolir. Voilà, c'était la suite de l'affaire de Saint-Ouen, mais certainement pas la fin. Nous avons dit aux représentant d'EDF qu'a priori nous n'employons pas les mêmes méthodes avec une entreprise (EDF) et avec les autorités publiques (mairie etc.) parce qu'une entreprise de service public n'a pas d'objectifs politiques, contrairement à un maire, p. ex., mais il nous a été répondu qu'EDF n'est pas isolée, qu'elle s'inscrit dans un environnement dont le politique fait partie. Alors, il faut revoir les méthodes... en attendant, ceci expliquerait peut-être les tracasseries qu'un certain nombre d'entre vous éprouvent de l'action, ou l'inaction, d'EDF. L'élément politique de l'environnement n'y serait-il pas pour quelque chose ?  

Publié par voxrromorum à 23:47:02 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (0) |

occupation EDF | 31 octobre 2006

Publié par voxrromorum à 10:43:02 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (77) |

Occupation d'une agence EDF à Saint-Denis | 29 octobre 2006

Suite à une décision d'expulsion rendue à l'encontre des Rroms qui habitent dans un local abandonné appartenant à l'EDF à Sain-Ouen, une action a été mise en place par les Rroms, l'association "La voix des Rroms" et le comité de soutien local. La décision rendue le 12 octobre dernier laissait un délai de 2 jours aux occupants pour quitter les lieux. Elle a été notifiée aux intéressés, en français, le 14, c'est-à-dire le jour à partir duquel l'astreinte prononcée commence à courir. N'ayant pas où aller, en coordination avec le comité de soutien et "La voix des Rroms", ils ont décidé de mettre la pression pour qu'une solution humaine soit trouvée. D'où l'occupation d'une agence commerciale EDF à la commune voisine de Saint-Denis.







Voici la lettre que nous avons demandé à l'agence de transmettre au responsable du service du contentieux:

 Saint-Ouen, le 27 octobre 2006

    Lettre au responsable du service du contentieux d'EDF
    






Madame, Monsieur,

Nous sommes un groupe de Rroms, sommés par le Tribunal d'instance de Saint-Ouen de quitter l'immeuble que nous occupons depuis plusieurs mois situé au 21, rue Ardoin à Saint-Ouen. Nous tenons à vous informer que nous ne pouvons pas nous conformer à cette décision, pour des raisons évidentes. En effet, nous n'avons aucun autre lieu où se loger, sans parler des enfants qui vont à l'école et qui ont besoin d'un cadre normal humainement parlant pour faire leurs devoirs, ou encore des personnes malades pour qui un abri est encore plus essentiel que pour les autres. 







Nous tenons à vous informer que depuis notre installation dans cet immeuble, nous avons fait tout ce que nous pouvions pour ne pas le dégrader et que nous continuerons nos efforts dans ce sens aussi longtemps que nous nous y resterons.








Nous occupons en ce moment une agence EDF et nous sommes déterminés à prolonger cette action jusqu'à ce que nous obtenions un engagement clair et ferme de votre part à ne pas demander l'exécution forcée de la décision d'expulsion prise à notre encontre. Il en va du respect de nos droits les plus fondamentaux, comme de l'image du service public qu'est l'EDF.

  *****








Nous avons du attendre plus de deux heures qu'un responsable vienne discuter avec nous. La police l'a précédé, mais dans l'ensemble, tout s'est bien passé avec les policiers. Ils ont tout de même tenu à rester devant l'agence jusqu'à la fin de la discussion et ont joué un rôle d'intermédiaire, même si cela ne nous a pas semblé nécessaire.








Une délégation composée de représentants des familles rroms, de "La voix des Rroms", du comité de soutien et de "solidarité sans pepiers 93" qui nous avait rejoint, a discuté avec le représentant de l'EDF. Nous avons demandé la suspension de l'expulsion jusqu'à la fin de la trêve hivernale, mais cette demande n'a pas été acceptée. Le représentant de l'EDF nous a proposé de nous rencontrer à nouveau mardi 31 octobre, après une consultation avec d'autres responsables de son entreprise, pour voir combien de temps les Rroms peuvent se maintenir dans les lieux, tout en nous informant que le délai serait plus court que la fin de l'hiver.







A suivre donc...

Publié par voxrromorum à 00:33:46 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (0) |

Intervention de 'La voix des Rroms' à la conférence de l'OSCE | 17 octobre 2006

Intervention de Saimir MILE, modérateur du groupe de travail rrom sur le Plan d'Action et porte-parole de l'association « La voix des Rroms »


Honorables Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis et collègues,

 En tant que modérateur du groupe rrom de travail sur le plan d'action et  en tant que activiste dans le domaine des droits humains vivant en France pendant les 10 dernières années, je voudrais attirer votre attention sur un fait que j'avais mentionné déjà lors de la séance de travail sur la démocratie et les élections. Les discours et les discussions dans les rencontres sur la dimension humaine de l'OSCE donnent généralement l'impression que les pays de l'Ouest assureraient un rôle d'aide aux pays de l'Est dans les processus de démocratisation de ces derniers. Je fais partie de ceux qui refusent de voir cet échange comme étant à sens unique, d'autant plus que, vivant en France, je suis témoin de toute une série de problèmes qui demeurent invisibles, ou dans le meilleurs des cas, inaudibles, dans les rencontres de l'OSCE.
Surtout depuis 2003, la situation de la population rrom en France, et il s'agit ici à la fois des Rroms de nationalité française et de ceux ayant une nationalité étrangère, est en train de se dégrader d'une manière inquiétante. J'ai fait état il y a deux jours de l'exclusion légale des Rroms français de la vie politique, à travers une discrimination créée par la loi française. Je dois ajouter à cela la criminalisation du stationnement des caravanes en dehors des aires désignés, qui en pratique n'existent quasiment pas, la violence régulièrement exercée par la police sur les Rroms, Sinté et Kalé, à la fois Français et étrangers, lors des expulsions, le racket des Rroms par des policiers, qui sans dresser aucun procès verbal, leur extorquent des sommes d'argent et des documents d'identité, et la liste est encore longue.  
 Ainsi, dans cette double position qui est la mienne, en à la fois en tant qu'activiste rrom vivant en France et en tant que personne engagée au niveau international pour les droits de l'homme, je voudrais soumettre les recommandations suivantes à l'OSCE, à ses Etats participants et aussi, une série de recommandations spécifiques à la France :
 

Recommandations à l'OSCE et à ses institutions: 
  





  1. Reconnaître le peuple rrom par référence à sa propre identité, évitant  sa stigmatisation sociale, en modifiant le paragraphe 72 du Plan d'action comme suit : “envisager de prendre des mesures destinées à assurer le respect, la protection et la promotion du rromani et de son enseignement, ainsi que de la culture rrom en tant que partie intégrante du patrimoine culturel européen”. Telle était la formulation proposée par le groupe rrom de travail sur le plan d'action, une demande réitérée à la conférence de Cordoue sur l'antisémitisme et les autres formes d'intolérance.



  2. Associer, par conséquent, le groupe de travail rrom sur le Plan d'action, dans sa mise en œuvre, son évaluation et sa révision. Mandater et accorder le budget nécessaire au Point de Contact sur les questions rroms et sinté afin de mettre en place le « Groupe 2018 », s'appuyant sur l'expérience et l'expertise du groupe rrom de travail sur le Plan d'action.



  3. Inclure  progressivement les problèmes d'ordre social auxquels font face les Rroms et Sinté dans les activités respectives de l'OSCE.
 
Recommandations aux Etats participants :






  1. Adopter des mécanismes de participation s'appuyant sur les recommandations  du groupe rrom de travail, et plus particulièrement sur le principe de proximité



  2. Adopter des mesures concrètes pour utiliser pleinement les ressources humaines existantes parmi les Rroms et Sinté, tout en finançant des programmes d'enseignement afin d'élargir  et de consolider une élite rrom, capable d'agir comme un partenaire réel dans la mise en œuvre des politiques.



  3. Utiliser raisonnablement la méthode de ciblage spécifique des Rroms et Sinté par les politiques sociales, de sorte à répondre aux problèmes spécifiques rencontrés par cette population tout en évitant la montée de l'hostilité parmi ceux qui, appartenant aux populations majoritaires, font aussi partie du même segment social, exclus économiquement et socialement.

 Recommandations spécifiques à la France :




  1. Retirer les dispositions de la loi des finances 2006 instituant une taxe d'habitation pour les caravanes, qui est contestable dans son principe même (la caravane n'est pas reconnue en tant que logement en termes des avantages sociaux qu'un logement procure) et exorbitant dans son montant (3 fois supérieur à la taxe d'habitation appliquée aux logements en dur au cœur de Paris)



  2. Reconnaître la présence sur le sol français d'une population rrom et sinté comme une composante  de la diversité sociale et de l'identité nationale française.



  3. Prendre une position politique claire et des mesures concrètes  pour arrêter la violence policière exercée gratuitement sur des Rroms et Sinté, soient-ils de nationalité française ou étrangère



  4. Reformer le fonctionnement de la “Commission consultative des gens du voyage” de sorte à atteindre une participation réelle et une légitimité de cette structure.



  5. Réaliser les aires d'accueil nécessaires, comme prévu par la loi, en tenant dûment compte de la demande légitime des personnes concernées d'avoir accès à des terrains familiaux.



  6. Financier des bourses pour les candidats, Français et étrangers, aux études de langue et civilisation rromanies à Paris, comme un moyen de solution durable à toute une série de problèmes régulièrement identifiés en France et plus largement, en Europe



  7. Assurer une égalité de traitement, à travers un équilibre dans le soutien financier aux associations dites “amies des tsiganes” et aux associations rroms, fondé sur l'expertise et le potentiel respectifs de ces associations.

Publié par voxrromorum à 00:37:54 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (0) |

Le plan d'action sur les Rroms et Sinté de l'OSCE | 12 octobre 2006

Le Plan d'action a été adopté en 2003 par l'OSCE. La France s'est engagée, avec les autres pays participants de l'OSCE, à le mettre en oeuvre. Cependant, il est clair qu'elle est très loin de l'avoir fait. Une session de travail de la Conférence sur la Dimension Humaine de l'OSCE, tenue à Varsovie, était consacrée à faire un bilan et à envisager une méthodologie pour une mise en oeuvre réelle du Plan. "La voix des Rroms" a contribué avec le texte qui suit (pardon, il est en anglais):


 

Intervention of Saimir MILE, moderator of the Romani working group on the Plan of Action, NGO “The voice of the Rroms”
Distinguished Ambassadors,
Ladies and Gentlement,
Dear friends and collegues,
As moderator of the Rromani working group on the Plan of Action, and as a Human rights activist living in France for 10 years, I would like to draw your attention to a fact that I mentioned also in the working session on democracy and elections. The speeches and the discussions in OSCE HDIM give generally the impression that Western countries are those who could help Eastern ones in their democratization processes. I am one of those who refuses to see the exchange in a unique direction, all the more as, living in France, I witness a series of problems that go invisible, or in the best of the cases, inaudible in the OSCE meetings.
Especially since 2003, the situation of the Romani population in France, and I have to specify that I mean both those of French citizenship and the foreign Rroms, is degrading in a very worrying way. I mentioned two days ago the legal exclusion of the French Rroms from the political life, through a discrimination set up by French law. I have to add to this the criminalisation of the stationing of caravans outside the designed areas, which in practice are almost inexistent, the violence excerced regularly by police on Rroms and Sinté, both French and foreign ones, during the evictions, the racketing of Rroms by policemen, who without writing any report, take away from them money and personal documents, and the list is still longer.
Therefore, in this double position, as a Rrom living in France and international activist, I would like to submit some recommendations to the OSCE, its participating states, and a series of particular recommendations for France:
Recommendations to the OSCE and its institutions:


  1. Recognizing the Romani people according to its own identity, avoiding social stigmatisation, by modifying the paragraph 72 of the Action Plan as follows: “consider measures to ensure the respect, protection and promotion of the Romani language and its teaching, and of a Roma culture as an integral part of the Roma and Sinti cultural heritage as and integral part of the European cultural heritage”. This formulation was the one proposed by the Romani working group and reiterated in Cordoba conference on Anti-Semitism and other forms of Intolerance.

  2. Associating, as a consequence, the working group on the Action Plan in the implementation, assessment and review. Mandating and budgeting ODIHR-CPRSI to set up the “Group 2018” drawing upon the experience and the expertise of the Romani working group on Action Plan.

  3. Mainstreaming social problems faced by Roma and Sinti in all relevant OSCE activities.

Recommendations to Participating States:


  1. Adopting mechanisms of participation drawing upon the recommendations of the Romani working group, and especially on the proximity principle

  2. Adopting concrete measures to make full use of the existing human resources among Roma and Sinti, while financing educational programs to expand the Romani elite, able to act as a full partner in the implementation of the policies

  3. Making reasonable use of specially targeting Roma and Sinti in social policies, so as to respond to specific problems faced by this population while avoiding raise of hostility among the majority population belonging to the same economically and socially excluded segment
Particular recommendations to France:


  1. Withdraw the provision of the Finance law year 2006, setting up a habitation tax for caravans, which is both contestable in its principle (the caravan is not recognized as a habitation in terms of social advantages) and exorbitant in its amount (it is 3 times higher than the tax applied to built habitations in the heart of Paris)

  2. Recognizing the presence on French soil of Roma and Sinti population as a component of the French society diversity and national identity.

  3. Taking a clear political position and concrete measures to stop useless police violence on Roma and Sinti, both French and foreign citizens

  4. Reforming the functioning of the “Commission consultative des gens du voyage” so as to achieve effective participation and legitimacy of this body

  5. Putting in place the necessary caravans' sites as provided for by the French law, taking into account the legitimate request of those concerned to have access to family sites.

  6. Financing scholarships for French and foreign candidates to Romani studies in Paris, as a means of long-term solution to a series of problems recurrently identified in France and more largely in Europe

  7. Ensure equality through a balanced financial support of the NGOs called “amis des tsiganes” and the Romani NGOs, based on expertise and potential of these organisations.

Publié par voxrromorum à 09:07:20 dans Les Rroms acteurs | Commentaires (0) |

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