• Dimanche 16 septembre, métro Franklin Roosevelt à Paris. Deux jeunes femmes de peau mâte, qui ont à peine 20 ans, descendent du métro pendant que d'autres voyageurs montent. L'une d'elle dit à un homme d'environ 50 ans qui cherchait à monter: "On laisse d'abord descendre; c'est comme ça que ça se passe à Paris". Le monsieur, déjà monté, lui répond: "pas à Paris, en Algérie". Les portes du train se ferment, et les jeunes femmes insultent alors le monsieur, avec un vocabulaire certes vulgaire mais... N'ayant entendu que le mot "Algérie", je demande aux filles ce qu'il leur avait dit, et ce sont elles qui m'ont rapporté ses propos, ajoutant "c'est un sale raciste". Effectivement... On voit mal en quoi la remarque de ces deux jeunes filles pourrait être ressentie comme une agression et susciter une réaction violente, et surtout, raciste! Peut-être leur accent banlieuesard? L'une d'entre elles me demande si j'étais Arabe. Sans doute a-t-elle pensé que j'étais sensible à la question parce j'étais Arabe. Je lui ai dit que j'étais Gitan, pour faire court. Et là, elle me dit qu'elle était Espagnole et qu'elle connaissait un peu les Gitans. Je ne sais pas si l'autre fille était Arabe, peut-être bien. En tout cas, on accuse trop facilement les jeunes, surtout s'ils sont bronzés (comme disait Renaud) et qu'ils parlent à la 93, d'incivilité. Là, ce n'étaient pas elles qui avaient commencé, mais un monsieur en âge mature, bien blanc, catholique comme le bon Dieu (comme disait Louis de Funès [tiens, encore une célébrité française d'origine étrangère]). Voilà comment ça se passe parfois, dans le pays des droits de l'homme, de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Elles ont été un peu virulentes les filles, mais enfin... Quelle réaction pourrait-on entendre de ces jeunes filles, qui n'étaient certainement pas à leur première manifestation de mépris? A leur place, je n'aurai certainement pas dit "enculé", mais avec des mots bien élevés, j'aurais été tout aussi violent. Elles, d'après la courte conversation qu'on a eue, n'avaient pas la même maîtrise de langage que moi, et elles ont fait court. Voilà...

    votre commentaire
  • On ne sait plus quoi inventer... un autre amendement à la loi sur l'immigration, permet de recueillir des données sur l'origine ethnique des personnes. Nous ne pourrons pas feindre la mauvaise surprise, puisque:

    1. M. Hortefeux l'a dit expressément que rien ne devrait être tabou

    2. La collecte d'informations ethniques, contrairement à ce qu'on pense souvent, n'a jamais vraiment été un tabou en France, du moins en ce qui concerne les Rroms. Les "gens du voyage" par la grâce de la cinquième République sont fichés au moins depuis 1912, lorsque le carnet anthropométrique a été mis en place, en tant que "nomades". Ce fichage systématique a permis lors de la Seconde Guerre Mondiale leur assignation à résidence, leur internement dans des camps en France et, pour un certain nombre d'entre eux, la déportation vers les camps de la mort. En 1969, le carnet anthropométrique a été supprimé, et le mot "nomade" a été bani de la législation et pour cause... ils étaient trop chargés historiquement parlant. Mais attention, pas question de supprimer le fichage! On a juste changé les mots: les "nomades" sont devenus "gens du voyage", le carnet anthropométrique est devenu "carnet de circulation", et on continue. Donc, au plus, cet amendement n'est qu'un élargissement de la pratique à d'autres ethnies, mais certainement pas une "rupture"!

    M. Sarkozy a fait campagne avec le slogan "ensemble, tout devient possible". Il est peut-être un peu trop tard de se demander qui est dans son "ensemble", puisque de toutes façons les Français lui ont fait largement confiance par leur vote. Ceci dit, il semble quand même urgent de trouver ce que recouvre le "tout" et ne pas attendre qu'il soit trop tard pour ça aussi!

     


    1 commentaire
  • Avant-hier nous relayions un appel à manifester du collectif uni(e)s contre l'immigration jetable, pour le 18 septembre prochain. L'assemblée nationale examinera les 18 et 19 septembre une nouvelle loi sur l'immigration, une de plus. Vous pouvez lire cet article du Nouvel Observateur pour connaître quelques caractéristiques de cette nouvelle loi, comme p. ex. l'institution de tests ADN pour les candidats au regroupement familial etc.

    votre commentaire
  • Eh bien, si tu ne veux pas avoir des oreilles trop grandes, il faut éviter de devenir préfet!

    Ce n'est pas un proverbe rrom, non, quoi que... ça pourrait le devenir. Ensemble, tout devient possible, non?

    20 préfets ont été convoqués aujourd'hui par M. Hortefeux, ministre de l'integration, de l'immigration et de l'identité nationale. Ils n'avaient pas fait assez de chiffre avec les expulsions des étrangers. Ils ont du avoir les oreilles plus grandes à la sortie de la réunion qu'à l'entrée, on l'imagine. Et puis, ça doit être un peu le cas de l'ensemble de l'exécutif, avec notre super-président. Vas-y que je te tire les oreilles, et tu tires les oreilles des autres, et ainsi de suite, tout au long de la chaîne hiérarchique de haut en bas.

    M. Jégo, lui, porte-parole de l'UMP, s'est excusé sur le plateau télé de ITELE de parler de "'stocks" à propos des étrangers en situation irrégulière. Il s'est excusé, donc voilà. On dit parfois que depuis que l'excuse existe, on peut tout se permettre. Et il a maintenu dur comme fer que le chiffre correspond à l'efficacité de l'action publique! Alors ça, c'est tout nouveau! Dépenser 5 à 10.000 euros pour expulser un Roumain ou un Bulgare tout en sachant qu'il pourra revenir en France à peine reconduit, et répéter ça 3-4 fois dans l'année, c'est de l'efficacité de l'action publique. Tout ça semble bien évangélique: "heureux les simples d'ésprit", parce qu'ils peuvent y croire...


    1 commentaire
  • Nous relayons ici un appel du collectif contre l'immigration jetable, qui nous interpelle notamment avec cette phrase: "Un pays se juge à la façon dont il accueille les étrangers sur son sol !". En effet, et c'est vrai aussi pour les environ un demi million de Rroms français, que la France a baptisé "gens du voyage" et à qui elle applique un régime d'exception, assez proche de celui des étrangers. L'appellation même "gens du voyage" convoie l'idée de gens qui sont là provisoirement, qu'ils partiront quelque part, même si cela fait bientôt 7 siècles qu'ils sont en France! A titre d'exemple, ils n'ont le droit de vote qu'après 3 ans de résidence ininterrompue sur une commune, alors que tous les autres Français ont ce droit au bout de 6 mois de résidence. Ce n'est qu'une des discriminations instituées par la loi à leur égard; il y en a d'autres qui tiennent à toutes sortes de réglementations et de pratiques administratives.

    ------------------------------

    Uni(e)s contre une immigration jetable

    Rassemblement devant l'Assemblée Nationale

    contre le nième projet de loi sur l'immigration


    Mardi 18 sept - 18 heures / place Pdt Edouard Herriot

    (métro Assemblée nationale)

    Le Gouvernement de M. Sarkozy soumet le 18 septembre à la discussion de l'Assemblée nationale un nouveau projet de loi relatif à « a maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile ».

    Durant la précédente législature trois lois ont déjà été votées, 26 novembre 2003 sur l'immigration, 10 décembre 2003 sur le droit d'asile et enfin le 24 juillet 2006 sur le Code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile (CESEDA). En 4 ans, la procédure de regroupement familial a ainsi été modifiée par deux lois, mais aussi par deux décrets (17 mars 2005 et 8 déc. 2006), trois circulaires (17 janv. 2006, 27 déc. 2006 et 22 fév. 2007) et un arrêté (28 sept. 2006).

    Le présent projet restreint encore le droit des étrangers !

    En ce qui concerne le regroupement familial, il institue notamment un contrôle préalable de la connaissance de la langue française, l'obligation pour obtenir une carte de séjour de retourner dans le pays d'origine pour déposer la demande (même si la personne est rentrée légalement en France avec par exemple un visa touristique), il permet d'augmenter le niveau de ressources nécessaires jusqu'à 1,2 fois le SMIC, il renforce les menaces de suspension des allocations familiales via un nouveau « contrat d'accueil et d'intégration » familial....

    En ce qui concerne le droit d'asile, il tire les conséquences de la création du ministère de Monsieur Hortefeux au triste nom de « ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement » en soumettant l'OFPRA, chargé de gérer le droit d'asile, à la politique de l'immigration.

    Ainsi les lois récentes vont dans le même sens : restreindre le regroupement familial - immigration prétendument « subie » -, sélectionner l'entrée de travailleurs en fonction des besoins du marché de travail et les jeter dès qu'ils ne sont plus nécessaires - immigration dite « choisie » - et enfin restreindre l'exercice du droit d'asile. Mais cette diarrhée législative, alors même que les précédentes lois n'ont pas été mises complètement en œuvre, conduit légitimement à se poser la question des motivations réelles du gouvernement : la répétition des réformes ne vise-t-elle pas davantage à flatter les réflexes racistes et xénophobes dans la population et à exacerber la division des salariés qu'à actualiser le droit ?

    Un pays se juge à la façon dont il accueille les étrangers sur son sol !


    Alors que se multiplient les contrôles policiers dans les entreprises et jusqu'aux domiciles, les rafles dans la rue, alors que des familles sont séparées par les expulsions, ne restons pas sans réagir !

    VENEZ, FAITES VENIR VOS AMIS à l'ASSEMBLEE NATIONALE
    mardi 18 septembre à 18 heures


    >> http://www.contreimmigrationjetable.org/article.php3?id_article=813






    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique