• 21/150 et une promesse non tenue

    A Saint-Denis, suite à l'enquête sociale menée par Pact Arim, l'association missionnée par la sous-préfecture, cette dernière a sélectionné 21 familles qui bénéficieront d'un projet d'insertion sociale et professionnelle. En clair, cela veut dire qu'elles seront installées dans des bungalows et seront suivies par des travailleurs sociaux dans leurs démarches, notamment pour accéder à un emploi.

    Sur place, il y a environ 150 familles. Lors de sa visite il y a environ deux semaines, le sous-préfet Dubaut avait promis que ceux qui souhaitaient s'installer durablement en France, qui scolarisaient leurs enfants et qui voulaient chercher un emploi, seraient intégrés dans ce projet en tant que bénéficiaires. Il avait aussi promis que l'obtention d'une autorisation de travail serait facilité, par le raccourcissement du délai d'examen de la demande des intéressés, qui actuellement est d'environ 3 mois et qui supprime purement et simplement dans les faits le droit des citoyens roumains d'occuper un emploi dans les 62 métiers qui leur sont ouverts depuis l'entrée de leurs pays dans l'UE.

    "La voix des Rroms" est allée à la rencontre de ces familles aujourd'hui. Beaucoup sont déçues et ne comprennent pas qu'elles n'aient pas été sélectionnées, alors que leurs enfants vont à l'école dans le département et que les parents cherchent, tant bien que mal, de travailler. Elles estiment que le sous-préfet n'a pas tenu sa promesse et réfléchissent sur la voie à suivre. Une aide au retour est disponible pour ceux qui le souhaitent auprès de l'ANAEM: 153 euros par adulte et 42 euros par enfant, mais ce n'est évidemment pas une solution. Le sous-préfet, lui, a indiqué à plusieurs reprises que cette aide est facultative, l'autre option étant de se voir notifier une obligation de quitter le territoire français lors de l'évacuation des lieux. Ce n'est évidemment pas un vrai choix.

    Ainsi donc, la promesse n'a été que très partiellement tenue, nombre de familles correspondant aux critères annoncés se retrouvant en dehors de ce projet d'insertion. Quant aux personnes sélectionnées, reste à savoir si leur accès à un emploi sera vraiment facilité, c'est-à-dire si la préfecture prendra les mesures nécessaires pour que les personnes qui ont trouvé un emploi, - avec ou sans l'aide des travailleurs sociaux, - puissent obtenir l'autorisation de travail avant que l'employeur potentiel embauche quelqu'un d'autre ou qu'il change d'avis (c'est que, dans le bâtiment ou dans la construction, on n'attend pas un travailleur 3 mois). 


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